Vers une franchise santé «plus nuancée», selon Bolduc

À son tour, le ministre de la Santé Yves Bolduc met la pédale douce sur la future franchise santé annoncée dans le budget Bachand, affirmant qu'elle sera «beaucoup plus nuancée» que ce qui a été évoqué.

S'adressant aux participants à la Conférence nationale pour vaincre le cancer, hier à Montréal, M. Bolduc a dû répondre à une question de la salle portant sur un éventuel ticket modérateur. Une participante, Suzanne Poulin, a demandé au ministre Bolduc de s'opposer à toute formule de ce genre qui, selon elle, irait à l'encontre de la philosophie de prévention en santé. «Il y a des gens qui vont s'empêcher d'aller voir le médecin quand ils vont avoir des douleurs, parce qu'ils n'auront pas les moyens de payer le montant. Et, par la suite, on va se retrouver avec des gens qui vont avoir des cancers à des stades avancés. Et ça aussi, ça va coûter plus cher, en bout de route», a-t-elle avancé.

Le ministre Bolduc a alors tenté de se faire rassurant, rappelant encore une fois qu'aucune modalité n'avait encore été arrêtée pour le ticket modérateur.

Par rapport à la franchise santé qui doit être de 25 $ cette année, de 100 $ l'an prochain et de 200 $ en 2012, M. Bolduc a fait savoir que «ça ne sera pas comme ce qui a été dit, là, c'est-à-dire que les gens, automatiquement, vont payer 25 $. Ça va être beaucoup plus nuancé que ça. Ça va y aller selon, aussi, la capacité des gens à payer. Puis il y a une limite également».

Dimanche dernier, c'est le premier ministre Jean Charest lui-même qui avait tenté de calmer le jeu, cette fois sur la contribution santé, en affirmant que les protestations populaires n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd et qu'il y aurait «un élément de progression dans la contribution» santé.

Par ailleurs, le ministre Bolduc ne s'est pas montré chaud à l'idée d'une nouvelle structure pour coordonner la lutte contre le cancer, rappelant qu'il existe déjà une Direction du cancer au ministère.

La création d'une telle agence est une demande de longue date émanant de groupes de lutte contre le cancer, qui souhaitent également la mise sur pied d'un registre des cancers au Québec. «Le message le plus important, c'est qu'il faut mettre l'argent au niveau des soins et de l'organisation des soins, pas au niveau de la bureaucratie. Moi, mon objectif, c'est de mettre l'argent le plus possible près du patient», a répliqué le ministre Bolduc.

Nouveau poste?

Le ministre de la Santé Yves Bolduc, qui pratiquait la médecine avant de se lancer en politique, avoue qu'il a embrassé la carrière politique pour devenir ministre de la Santé, mais se dit tout de même prêt à occuper un autre ministère, si besoin est.

Le ministre réagissait à l'information parue dans l'édition d'hier de La Presse, voulant que Jean Charest envisage un remaniement ministériel au mois de juin. «Moi, je suis venu en politique pour faire de la santé», a-t-il lancé. Interrogé par les journalistes après son allocution, il a nuancé ses propos, avouant qu'il était prêt à occuper un autre ministère, si le premier ministre Charest en décidait ainsi.