Francisation - Québec réinvestit, mais dans des cours différents

Québec — Les coupes dans la francisation des travailleurs immigrants à Emploi-Québec seront compensées par des dépenses accrues de la part de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), l'organisme qui gère le fonds alimenté par la tranche de 1 % de la masse salariale que versent les entreprises pour la formation de la main-d'oeuvre. Mais les travailleurs visés ne seront pas les mêmes.

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, a indiqué au Devoir qu'un million de dollars de plus sera consenti cette année à la francisation des travailleurs immigrants.

Cet apport aura pour effet de compenser les coupes en francisation à Emploi-Québec. Il maintiendra à 25 millions, soit le même montant que l'an dernier, les sommes consacrées par l'organisme à la francisation des travailleurs, a précisé son attaché de presse, Alexandre Boucher. L'an dernier, Emploi-Québec avait dépensé à ce chapitre 10 millions de plus que l'année précédente.

Dans son édition d'hier, Le Devoir révélait qu'Emploi-Québec, en raison de restrictions budgétaires, abolissait 35 classes de français qui étaient offertes à temps partiel par trois cégeps de la région de Montréal à des travailleurs immigrants. Cette coupe, qui touchait 1050 travailleurs, représentait une économie de quelque 600 000 $ pour le gouvernement.

Or parallèlement à cette compression, la CPMT, par l'entremise du Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre (FDRCMO), avait décidé d'augmenter cette année de 3 à 4 millions les sommes qu'elle accorde aux entreprises pour la francisation de leurs travailleurs. «La demande est très forte pour ce type de formation», a indiqué, hier, le président de la CPMT, Jean-Luc Trahan.

Or les classes retranchées par Emploi-Québec étaient destinées à des travailleurs individuels en provenance d'une foule d'entreprises; la CPMT paie pour des cours donnés à un groupe d'employés d'une entreprise donnée. «Notre critère, c'est qu'il faut que ça passe par l'entreprise.» C'est pour cette raison que le 10 mars dernier, les membres du CPMT avaient refusé de fournir à Emploi-Québec les sommes nécessaires au maintien des classes. La Commission «ne doit pas se substituer aux responsabilités du gouvernement» et compenser «les restrictions budgétaires imposées par le gouvernement», lit-on dans le procès-verbal de la réunion. De toute évidence, le gouvernement a décidé de se servir quand même.
1 commentaire
  • Jean-Claude Desrochers - Inscrit 23 avril 2010 11 h 13

    De toute évidence, le gouvernement a décidé de se servir quand même.

    Vive la démocracie libéral. Je croyais que la francisation était importante pour la gang de rouge. Apparemment je me suis un peu trompé.