L'avocat Franco Fava nie toute pression sur Marc Bellemare

Collecteur de fonds libéral, l'avocat Franco Fava a nié hier sur les ondes de Radio-Canada avoir joué un rôle dans la nomination de juges à l'époque où Marc Bellemarre était ministre de la Justice.

M. Fava réagissait aux révélations faites hier par Le Journal de Montréal voulant qu'il ait fait pression sur l'ancien ministre Bellemare pour nommer des juges et pour que ce dernier ferme les yeux sur de l'argent comptant versé à la caisse du Parti libéral du Québec. «Je ne sais pas où Bellemarre va chercher ça», a dit Franco Fava.

M. Fava a toutefois admis avoir été consulté pour la nomination du secrétaire général du Québec, Gérard Bibeau, qui est le fonctionnaire numéro un au sein du gouvernement. M. Fava a expliqué au Journal de Montréal qu'il est normal pour un gouvernement de s'entourer de gens de confiance.

Par ailleurs, M. Fava a rejeté les allégations de financement illégal. Il a soutenu n'avoir jamais apporté de contributions en argent comptant au PLQ. «Tout est fait selon les règles», a-t-il affirmé. Selon lui, Marc Bellemarre «hallucine». «C'est clair qu'il a un agenda [intentions cachées]. Il a une dent contre le premier ministre», a ajouté M. Fava.

Ce dernier a pris sa retraite de l'entreprise Neilson Excavation, qu'il dirigeait avec ses deux frères. Il s'agit d'un important entrepreneur en construction dont les contrats dépassent largement la région de Québec. Neilson Excavation a effectué notamment les travaux pour le tunnel du métro à Laval.

Du côté du Barreau du Québec, on ne croit pas qu'il existe quelque pression ou trafic d'influence que ce soit de la part de collecteurs de fonds auprès du gouvernement. Selon le bâtonnier, Me Pierre Chagnon, le processus de nomination des juges est très rigoureux.

Il se réjouit par ailleurs que le premier ministre annonce la tenue d'une commission d'enquête. «Ça va permettre de vérifier s'il y a des ratés. Notre système est perfectible, mais il fait l'envie de beaucoup de monde», a commenté M. Chagnon qui s'inquiète des propos tenus par Marc Bellemare, car ils ébranlent la crédibilité du système judiciaire.
7 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 14 avril 2010 08 h 14

    C'est évident qu'il va tout nier !

    Mais ça ne veut pas dire qu'il est blanc comme neige.

    Il y a un réseau de têtes dirigeantes non-élues qui dirigent les destinées de la province, cela fait longtemps que ça dure et il est temps que ça cesse. Il y a des milliers de personnes qui savent beaucoup de choses et qui ne parlent pas de peur des conséquences.

    Hé bien, maintenant le poids des conséquences a changé de bord. C'est si elles ne parlent pas que les conséquences seront pires.

  • Carole Dionne - Inscrite 14 avril 2010 09 h 58

    DEPUIS QUAND CONSULTE-ON UN BAILLEUR DE FONDS DU PARTI?

    C'est quoi cette histoire là. Le gouvernement appelle FAVA pour savoir qui nommé sur des comité, des jobs de BOSS, etc. Je rêve tu ou il a bien dit cela?

  • Alain Lavallée - Inscrit 14 avril 2010 10 h 38

    Fava démontre la nécessité d'une enquête publique élargie

    Les révélations de Franco Fava à l'effet qu'il a été consulté dans le choix de la nomination du secrétaire du Québec M" Gérard Bibeau en disent long, trop ils indiquent la nécessité d'une enquête publique élargie

    en quoi un entrepreneur en construction doit-il être consulté sur cette décision (même s'il est grand financier du parti libéral) ?

    cela démontre qu'une enquête publique qui se limite aux juges est insuffisante,
    même si des recherches confirment qu'il y a problème

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada

  • Raymonde Chouinard - Inscrite 14 avril 2010 11 h 05

    L'arroseur arrosé.....

    Le PQ a déjà nommé comme juge un ancien felquiste qui avait supposément reçu l'absolution sur le plan juridique ... mais qui a dû démissionner par la suite lorsque le pot aux roses a été découvert.

    Faudrait pas soulever le tapis trop haut pour que la poussière s'échappe et que le PQ se retrouve "l'arroseur arrosé", tout comme Louise Harel.....

  • Pierre Rousseau - Abonné 14 avril 2010 11 h 57

    Arroseur arrosé x2

    Effectivement, Mme Chouinard soulève un point qui confirme l'ingérence du politique dans la nomination des juges. Dans le cas qu'elle soulève, cet ancien felquiste avait effectivement passé devant le Comité de sélection des juges et les membres de ce comité n'y ont vu que du feu et l'ont mis sur la liste des « recommandés » pour la nomination. Alors le ministre avait beau jeu de nommer un partisan au poste de juge en question. Ça démontre comment c'est facile de se faire mettre sur la « liste » et comment la discrétion du politique (ministre et cabinet) jouent pour beaucoup dans ces nominations.

    En conséquence, peut-être que le PQ qui a bénéficié de ce processus pourrait être franc et venir témoigner devant la commission pour confirmer les propos de M. Bellemare? Si on a le moindrement de principes, on voudrait enlever la nomination des juges (qui doivent être indépendants et impartiaux) des mains des politiciens!