Gauche et droite pourfendent le budget du gouvernement Charest

La manifestation, qui avait été promue depuis une semaine par la station de radio FM 93 et un groupe Facebook, se voulait sans affiliation politique, mais deux péquistes, Bernard Drainville et Agnès Maltais, et le chef de l'ADQ, Gérard Deltell, se sont joints aux marcheurs.

Les organisateurs soutiennent que 50 000 protestataires ont répondu à leur appel. Sur Twitter, Mme Maltais notait en fin de journée: «Environ 35 000 personnes à la manif contre le gaspillage et le budget. Gauche et droite unies contre Charest. Impressionnant.» Son collègue Drainville a pour sa part soutenu qu'il était «très sain pour la démocratie que les citoyens s'expriment comme cela. Et qu'ils viennent dire aux élus et à tous ceux qui gèrent des fonds publics: "Faites attention un peu."»

Le gouvernement a désigné la vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau pour répliquer aux marcheurs. Elle a fait valoir que le budget avait été élaboré dans un contexte difficile. «Nous avons un déficit de 12 milliards $ à combler. Le gouvernement s'est imposé la partie la plus importante de l'effort qui sera fait», soit 62 %.

Pour sa part, Martin D'Anjou a affirmé que cette manifestation était «le début de quelque chose de grand». À ses yeux, «si Jean Charest et tous les politiciens, toutes couleurs confondues», ne réagissent pas à cette manifestation, «c'est parce qu'ils se foutent royalement de nous autres».

Charest garde le cap

L'imposante manifestation n'a pas inquiété le principal intéressé. De passage à Biloxi, au Mississippi, où il participe à la conférence annuelle de l'Alliance des États du sud-est des Etats-Unis et des provinces canadiennes, M. Charest a soutenu qu'il aurait bien aimé déposer «un budget qui serait plus facile à livrer», mais qu'il s'agissait d'une mission «impossible» dans le contexte financier actuel.

Et même si l'opposition au budget présenté par le ministre Bachand demeure très vive dans l'électorat, Jean Charest dit n'avoir aucunement l'intention de modifier les mesures annoncées ou d'accentuer sa campagne de relations publiques.

Jeudi dernier à Sherbrooke, des manifestants de groupes sociaux avaient aussi dénoncé le budget. Une récente manifestation similaire, à Montréal, avait rassemblé près de 15 000 personnes. Hier, angle Cartier et Grande-Allée, un groupe populaire de Québec, le REPAC, tentait de convaincre les «cols rouges» de participer à une autre marche, le 1er mai, contre «la privatisation et les hausses de tarifs».

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