Construction - L'opération Marteau enquête chez Roche

La perquisition policière a eu lieu en même temps dans les locaux de Roche à Québec et Montréal, monopolisant plus d’une vingtaine d’agents dans chaque bureau.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La perquisition policière a eu lieu en même temps dans les locaux de Roche à Québec et Montréal, monopolisant plus d’une vingtaine d’agents dans chaque bureau.

Le travail d'enquête de l'opération Marteau concernant la corruption dans le milieu de la construction a conduit hier les policiers de la Sûreté du Québec dans les bureaux de la firme de génie-conseil Roche.

La perquisition policière a eu lieu en même temps dans les locaux de Roche à Québec et Montréal, monopolisant plus d'une vingtaine d'agents dans chaque bureau. Tôt ce matin, les policiers étaient à la recherche de preuves quant à des allégations d'abus de confiance et de fraude. Aucune arrestation n'était prévue.

«Ça concerne le dossier de la couronne nord, à Boisbriand de façon précise», s'est bornée à expliquer la porte-parole de la Sûreté du Québec, Martine Isabelle.

Un porte-parole de la firme Roche a expliqué sur les ondes de Radio-Canada ne pas connaître les raisons de ces perquisitions. Pourtant, les policiers doivent présenter le mandat de perquisition au moment d'effectuer leurs fouilles.

Chez Roche, on a donné l'assurance de la collaboration de la firme avec les policiers.

Roche est une importante firme de génie-conseil de Québec qui compte 1400 employés. Comme bien d'autres firmes dans ce domaine, Roche a développé un modèle d'affaires qui fait en sorte que certains dirigeants entretiennent des liens étroits avec le monde politique. Mario Martel préside Roche, qui a été fondée en 1963.

Il est vraisemblable que la réfection de l'usine d'épuration des eaux usées de Boisbriand soit au coeur de la perquisition de l'opération Marteau. Le chantier a été réalisé par l'entrepreneur Lino Zambito, qui dirige Infrabec. Cette entreprise aurait obtenu un contrat sur deux de Boisbriand depuis cinq ans. M. Zambito est cet homme d'affaires qui était intervenu lors de la campagne électorale de l'automne dernier pour tenter de convaincre l'opposant à la mairesse de Boisbriand de ne pas se présenter.

Multiples frappes

Il s'agit d'une deuxième perquisition de la SQ relativement au dossier de Boisbriand. En janvier dernier, les agents de l'opération Marteau ont procédé à une perquisition chez le controversé entrepreneur Catania en lien avec le dossier de Boisbriand. Des allégations de collusion dans l'octroi de contrats auraient alors motivé les enquêteurs.

Six semaines plus tard, une deuxième perquisition chez Catania était menée pour un autre dossier délicat, celui de la décontamination du terrain du projet immobilier Contrecoeur, dans l'est de Montréal. Ce projet est au coeur du scandale qui a secoué la Société d'habitation et de développement de Montréal.

L'opération Marteau s'est également intéressée à d'autres firmes de construction, notamment Simard-Beaudry, appartenant à l'entrepreneur Tony Accurso, qui est dans la mire des policiers depuis déjà quelque temps. Avant même la création de l'opération Marteau l'automne dernier, des entreprises de M. Accurso avaient été visitées par les autorités. Il y a un an, Simard-Beaudry, Construction Louisbourg et Hyprescon ont fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'Agence du revenu du Canada qui les a perquisitionnées. Tony Accurso aurait versé 4,5 millions à des entreprises fictives pour contourner le fisc canadien. Ces firmes auraient servi de paravent pour payer au noir ou enrichir les participants aux infractions alléguées.

M. Accurso est un ami personnel depuis plus de 20 ans du président de la FTQ, Michel Arsenault. Les façons de faire de la FTQ-Construction ont fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers mois. L'ancien directeur général, Jocelyn Dupuis, est soupçonné de fraude, de fabrication de faux documents et d'incitation à commettre une infraction.

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2 commentaires
  • Jacques Morissette - Abonné 8 avril 2010 22 h 22

    Un bouc émissaire au rendez-vous.

    Le gouvernement Charest a bien besoin d'un bouc émissaire.

  • Vive le Québec libre - Inscrit 9 avril 2010 00 h 41

    L'opération Marteau enquête chez Roche et puis après !

    L'opération Marteau enquête chez Roche et puis après !

    Ce qui est déplorable c'est de voir que tout cela est organisé juste pour faire voir à la population Québécoise que ce gouvernement fait la chasse aux sorcières, mais surtout en faisant bien attention de ne pas chasser n'importe qu'elle sorcières.

    Pourquoi refuse t'il toujours une enquête publique ? La réponse c'est le secret de polichinelle, tout le monde le sait, nous avons juste à nous rappeler les articles sortis ces derniers mois comme:

    Une entreprise d'Accurso en eaux troubles.

    Charest dans un coktail de financement organisé par un associé de Tony Accurso à Mascouche.

    et j'en passe ! L'opération Marteau pour moi c'est encore une façade, toutes ces descente bien ciblés, spectaculaires, mais surtout en faisant bien attention de ne pas éclabousser les petits "chouchou" de Charest et du PLQ.

    J'ai l'impression de vivre dans un régime totalitaire, ou nous sommes tous les otages devant toutes ces chorégraphies orchestré par une bande d'individu pensant que nous sommes des pauvres cons impossible de voir leur petit jeu.