Environnement - Québec adopte une norme verte pour les congrès

Québec — Le Québec innove en se dotant d'une norme «écoresponsable» pour les congrès, festivals et événements publics. À compter de mai, ceux qui la respecteront pourront recevoir une certification. Suffit de penser à tous les verres de café en styromousse qui sont utilisés chaque année lors de congrès pour mesurer le potentiel d'une telle mesure...

Justement, en ces matières comme pour le café équitable, la démarche vise à distinguer ceux qui font des efforts réels de ceux pour qui ce n'est qu'un outil de marketing. Or «contrairement au café équitable, les événements écoresponsables auront quatre niveaux de certification: platine, or, argent et bronze», explique Caroline Voyer, du Réseau des femmes en environnement, qui pilote le projet du Conseil québécois des événements écoresponsables depuis deux ans.

Du Bureau de normalisation du Québec au Centre des congrès, en passant par l'Institut québécois de tourisme et d'hôtellerie, une quinzaine d'organismes ont travaillé à l'élaboration de la norme, dont les subtilités se déclinent en... une bonne trentaine de pages! Une première du genre dans le monde, semble-t-il, puisque les autres pays à s'être dotés de telles normes — la Grande-Bretagne notamment — ne sont pas allés aussi loin. «En général, les normes s'appliquent à des événements après qu'ils ont eu lieu. Nous, on voulait pouvoir donner la certification à l'événement.»

Mesurer les efforts

Le Centre des congrès de Québec, qui est un précurseur dans l'organisation de congrès verts, espère que la norme permettra aux gens de mesurer l'ampleur de ses efforts. «J'espère que le client va pouvoir faire la différence entre le bac de recyclage et l'événement zéro carbone», explique Anne Cantin.

«Toute notre vaisselle et notre matériel de pause-café sont en porcelaine. Nous avons des distributeurs de lait et de sucre. Nous misons sur des bacs de compostage et les salles de toilettes ont des chronomètres pour limiter la consommation d'eau.»

Les clients qui souscrivent au programme vert reçoivent la documentation adéquate, les services sur place et, à la fin de l'événement, un relevé détaillé des économies réalisées. Il semble que la demande pour ce genre de services soit en hausse. «Les gens s'attendent de plus en plus à ce que les organisateurs d'événements leur offrent ce choix. Ça ne les dérange pas de payer quelques dollars de plus par personne pour avoir un événement vert [de 1 à 19 $ par personne selon les formules]», poursuit Mme Cantin.

Or, même des organisations comme le Centre des congrès pourraient avoir de la difficulté à obtenir la certification platine explique Catherine Noppen, de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. «À Montréal, il y a très peu d'hôtels et de centres qui respectent la norme. Il va y avoir beaucoup d'efforts à faire pour être conforme.»

Ainsi, dans la dernière version de la norme, on prend en compte le fait que les fournisseurs possèdent ou non une politique de développement durable, la distance qui sépare leur succursale du lieu de l'événement, le pourcentage d'énergie utilisée qui provient d'une source d'énergie renouvelable, le pourcentage des boissons et de la nourriture qui sont certifiées écologiques, et ainsi de suite.

De gros défis pour des organisateurs d'événements, qui ont souvent l'habitude de faire affaire avec les mêmes fournisseurs et qui, souvent, s'appuient sur de petites équipes. «Les gens sont conscientisés à l'environnement, mais ils manquent d'outils et abandonnent vite. C'est pour ça que la démarche est utile», renchérit Mme Noppen, qui est par ailleurs emballée par le projet.

En contactant le Conseil québécois des événements écoresponsables, les gens vont pouvoir obtenir de la documentation sur la norme, mais aussi recevoir des formations. «La pensée durable vient avec de la planification, résume-t-elle. On ne pourra pas s'improviser écoresponsable.»

Mais les efforts sont payants, nous assure-t-on au Centre des congrès de Québec. Depuis le lancement de son programme vert en 2007, le Centre a accueilli 48 événements verts, sensibilisé 60 000 délégués, économisé 81 tonnes de déchets, 67 tonnes d'eau, économisé 7055 tonnes de GES, épargné 187 arbres et versé 64 000 $ à des organismes environnementaux. «Je ne vous dirai pas que les gens choisissent de venir à Québec à cause du programme, ce serait vous mentir, mais c'est sûr que c'est un atout de plus que nous avons à offrir à notre clientèle», explique Anne Cantin. Quant à savoir si l'arrivée de la norme et l'effet d'entraînement ne risquent pas de la priver de cet avantage concurrentiel, ça ne semble pas poser problème. «Oui, on fait ça pour être à l'avant-plan au niveau marketing, mais c'est aussi parce qu'on y croit.»
1 commentaire
  • Godfax - Inscrit 28 février 2010 01 h 09

    L’ésotérisme institutionnalisé

    L’état québécois est dans le délire le plus intense, jusqu’à où va aller sa bureaucratie de théolo-comportementaliste près à créer une nouvelle bulle gouvernemental à la moindre occasion. La vrai bureaucratie n’as rien à voir avec cette bébite difforme en faillite qui écrase le peuple. Les finances sont sur le cul et voila ce que le gouvernement nous offre.

    Je ne voie pas où est l’innovation la dedans, utilisé toute ces ressources humaine pour contrôler les gents qui sont lobotomisé
    « développement durable » ce n’est pas trop original, ça plaira au bobo-plateau mais c’est tout.

    Ce genre d’accommodement raisonnable, c’est de la politique de bourgeoisie, c’est évident qu’investir cette argent dans les infrastructures d’eau potable ou d’énergie ne leurs a même pas passé par la tête.

    Ce brainwashage mondialisé comportementaliste doit cesser.
    L’énergie renouvelable, c’est un mythe, toutes les supposés énergie verte officiel, c’est de la bricole pour riche, rien d’autre; plus elles seront encouragé, plus l’austérité social augmentera.

    Les altermondialistes qui partagent la couchette avec la haute finance par leurs ignorances en écologie humaine et leurs entêtements anti-civilisation relié à une mythologie populaire craché par une génération de délire de Baby-Boomer ne sont pas responsable.

    C’est la grande théologie laïcar du Québec, sa fausse résistance contre-culturelle et sa pensée unique qui a fait son œuvre.