Camil Bouchard nie avoir quitté le PQ en raison du «virage identitaire» de la formation

Québec — L'ancien député de Vachon, Camil Bouchard, soutient que son départ de la politique n'a «aucun rapport» avec un quelconque malaise à l'égard du «virage identitaire» que le Parti québécois a opéré récemment, comme la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne l'a affirmé en Chambre ces derniers jours.

Encore hier, à la période de questions, a lancé: , laissant entendre que ce dernier était réfractaire au type de critique que le PQ a déployé récemment. Notamment celle à l'endroit de la modification du régime pédagogique visant à accommoder les écoles hassidiques illégales. Position péquiste qui a été dénoncée par un autre Bouchard, Lucien, mardi à Québec.

En entrevue au Devoir hier, Camil Bouchard — qui a démissionné le 14 décembre — ne nie toutefois pas qu'il y ait eu des discussions animées et des «débats importants» au caucus du Parti québécois sur «des nuances importantes qu'on peut faire». Selon des sources, M. Bouchard, en 2007, s'était un temps opposé au dépôt par Pauline Marois du controversé projet de loi sur l'identité. Celle qui lui a succédé au poste de porte-parole en matière d'immigration, Louise Beaudoin, a insisté hier sur le fait que Camil Bouchard, à l'époque, s'était finalement rallié.

Au sujet de ces débats, l'ancien député de Vachon a ajouté ceci: «La laïcité, ce n'est pas une problématique de l'immigration. Le débat sur la laïcité doit se faire autrement qu'à propos de l'immigration.» Il estime qu'actuellement, dans l'espace public, «il y a un manque de discipline et de rigueur». «J'écoute les radios, j'écoute les médias, ce sont toujours les immigrants qui sont mis en cause lorsqu'on parle de laïcité, alors que ce n'est pas ça le fondement de l'affaire.» Récemment, au Parti québécois, c'est la porte-parole en matière d'immigration, Louise Beaudoin, qui a relancé et porté l'idée d'une charte de la laïcité.

Le critique en matière d'éducation, Pierre Curzi, est un ami intime de Camil Bouchard. Ils partageaient un bureau au parlement et ont passé beaucoup de temps ensemble lors des vacances d'été. Pierre Curzi a soutenu hier en Chambre que son ami était «d'accord avec la position [qu'il] présente depuis le début dans cette situation». L'ancien critique péquiste en matière d'éducation était au Parlement mercredi et le lui a confirmé, a-t-il affirmé.

En entrevue hier, Camil Bouchard a soutenu qu'il était difficile de juger puisqu'il n'avait pas le «canevas de l'entente» entre la ministre et les communautés hassidiques, entente que le Parti québécois a encore une fois réclamée en vain hier. Camil Bouchard se demande toutefois pourquoi la ministre «a cru bon de taire son objectif. L'objectif est là depuis des années d'essayer de régulariser cette situation. Je ne comprends pas pourquoi elle a dit ça. Y a-t-il quelque chose d'inavouable là-dedans»?

À la période de questions hier, Pauline Marois, citant le sondage Léger Marketing-Le Devoir, a soutenu que 75 % des Québécois disaient au premier ministre: «Nous sommes en désaccord avec votre attitude mollassonne.» Jean Charest a répliqué en rappelant que l'ancien premier ministre Lucien Bouchard avait reproché mardi au PQ et à sa chef leur «manque d'ouverture». «Or, depuis hier, le Parti québécois a fait exactement la démonstration de ce que Lucien Bouchard leur reprochait», a-t-il soutenu.