L'Ontario en colère contre le règlement québécois sur la pollution automobile - L'Ontario était avertie, dit Québec

La ministre du Développement économique et du Commerce de l’Ontario, Sandra Pupatello, a laissé entendre hier que l’Ontario éprouvait un certain embarras devant le règlement automobile adopté récemment par Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La ministre du Développement économique et du Commerce de l’Ontario, Sandra Pupatello, a laissé entendre hier que l’Ontario éprouvait un certain embarras devant le règlement automobile adopté récemment par Québec.

Ottawa — La sortie d'une ministre ontarienne contre le projet québécois de Règlement sur les émissions de GES des véhicules automobiles a fait bondir Québec hier. Le gouvernement a démenti avoir manoeuvré d'une quelconque manière dans le dos de l'Ontario.

La ministre du Développement économique et du Commerce de l'Ontario, Sandra Pupatello, a laissé entendre hier que l'Ontario éprouvait un certain embarras devant le règlement automobile adopté récemment par Québec. Selon Mme Pupatello, les deux provinces devraient harmoniser leurs règlements en ce qui concerne la réduction des GES émis par les véhicules, «puisque cela va avoir des effets majeurs sur l'industrie» automobile ontarienne, a-t-elle déclaré à La Presse. Ce que le Québec va faire «aura un impact en Ontario», a-t-elle dit.

«Nous voulons réduire les émissions de GES. Mais nous pensons qu'il y a une meilleure façon d'y arriver en tenant compte des préoccupations des parties intéressées», a ajouté Mme Pupatello. La position de cette dernière rejoint essentiellement celle du ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, qui a qualifié la semaine dernière de «sottise» la décision de Québec d'adopter son propre règlement avant le fédéral.

Les propos de Mme Pupatello ont soulevé de vives inquiétudes au sein du ministère du Développement économique, de l'innovation et de l'exportation (MDEIE), dont le ministre Clément Gignac a téléphoné à son homologue de l'Environnement, Line Beauchamp, pour obtenir des explications. On craignait au MDEIE que l'entente Québec-Ontario (qui indique que les deux provinces vont travailler de concert avant d'adopter de nouvelles mesures qui ont des impacts économiques pour l'autre) n'ait été bafouée.

Or le cabinet de Mme Beauchamp dément formellement les propos de Mme Pupatello. L'Ontario a été informé dès 2007 des intentions de Québec, a-t-on rappelé. Puis en 2008, la province a été avertie officiellement. L'entourage de Mme Beauchamp a aussi fait circuler hier une lettre signée en juillet 2008 par le premier ministre Dalton McGuinty dans laquelle il confirme que l'Ontario adhère — comme le Québec — à la Western Climate Initiative (WCI) lancée par la Californie.

Line Beauchamp a été «un peu surprise» par la sortie de la ministre ontarienne, a reconnu hier son cabinet. «Mais l'Ontario a le droit de ne pas appliquer les mêmes normes», a commenté son attaché de presse, Dave Leclerc.

Paradis défend les sables bitumineux

Par ailleurs, la décision du MDEIE de financer une mission économique où l'on vante les bonnes occasions d'affaires que représentent les sables bitumineux albertains n'embarrasse pas Line Beauchamp. Selon son porte-parole, Mme Beauchamp n'est pas opposée à la mission.

«On sait que les sables bitumineux sont polluants», a expliqué Dave Leclerc. Aussi, le Québec réclame «que le fédéral se donne des cibles de lutte contre les GES plus exigeantes». Mais en même temps, plusieurs entreprises québécoises pourraient décrocher d'importants contrats de dépollution liés aux sables bitumineux. «Si on verdit les sables et qu'en plus c'est bon pour nos entreprises, pourquoi pas?»

Le MDEIE a défendu jeudi la mission économique en affirmant que ce sont surtout des entreprises faisant la promotion de technologies vertes qui y participeront. Le ministère n'a donné aucun chiffre pour étayer cette affirmation et a reconnu qu'être vert n'était pas une condition sine qua non pour participer à la mission.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Christian Paradis, a pour sa part dénoncé «le Bloc et le PQ, qui poursuivent leur chasse aux sorcières contre tous ceux qui ne partagent pas leur position extrémiste sur les sables bitumineux», selon une déclaration transmise par courriel.

M. Paradis faisait référence à la sortie du Parti québécois contre la mission du MDEIE. Par contre, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a indiqué hier à la Presse canadienne n'avoir jamais demandé à ce que le développement des sables bitumineux soit arrêté et s'est montré favorable à la mission.

Il n'y a rien de mal à ce que des compagnies profitent des occasions d'affaires liées aux sables bitumineux, a dit M. Duceppe. Mais il milite pour que le gouvernement fédéral cesse d'offrir un «traitement préférentiel» aux compagnies pétrolières et pour que le traitement des sables soit mieux réglementé.

Quoi qu'il en soit pour M. Paradis, les deux partis «vont trop loin: ils ne s'attaquent pas à des politiciens, ils s'attaquent aux travailleurs et aux entrepreneurs québécois qui veulent stimuler notre économie en établissant des échanges commerciaux avec l'industrie des sables bitumineux».

Christian Paradis estime que «l'exploitation des sables bitumineux est un élément clé de la prospérité et de la sécurité énergétiques du Canada». Il affirme qu'Ottawa «va continuer à travailler avec l'industrie pour diminuer l'impact environnemental».

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Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
4 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 13 février 2010 09 h 24

    Les compagnies québécoises impliqués dans ces contrats avec les sables bitumineux.

    Ces compagnies devraient en même temps se positionner politiquement en ce qui concerne l'environnement et leur implication réelle dans les contrats reliés aux sables bitumineux. Donc, d'une main faire des sous avec l'amélioration de l'environnement et de l'autre main, sensibilisé la population de l'impact réel de leur intervention auprès des compagnies reliés de près ou de loin avec les sables bitumineux.

    Cela dit, il y a une dimension politique des gestes que nous posons comme individu au quotidien. C'est la même chose pour les entreprises. Le jour où nous comprendrons que la politique ne concerne pas uniquement les politiciens sera un grand pas dans l'évolution de la société.

  • Fernand Trudel - Inscrit 13 février 2010 10 h 51

    La Ministre ne distingue pas les choses

    La Ministre ne distingue pas entre une entente de principe et une action commune. On peut s'entendre sur des choses mais il faut quand même se concerter pour agir ensemble en même temps. Elle a sauté trop vite aux conclusions tout comme l'évangile onusienne qui se targue d'un consensus scientifique qu'il n'a pas. On le découvre de plus en plus actuellement avec les scandales à répétitions qui sapent sa crédibilité et le condamme à la potence.

    Mais les écolos ne sont pas à une chose près de manque de rigueur dan leur agissements et mettent souvent la charrue devant les bœufs.

    Je constate qu’en écologie nos gouvernants parlent des deux cotés de la bouche. Le Premier Ministre Charest veut donner des leçons d'environnement au monde et rabroue publiquement le gouvernement fédéral mais ne fait pas ses devoirs en ce qui concerne l'amiante, nos sables bitumineux québécois.

    Mme Beauchamps, forte des conseils du théologien Steven Guilbault, est devenue une missionnaire de l’évangile verte en allant enseigner à toutes les nations en oubliant de gérer correctement son ministère. Quand je regarde les écolos aller, ça me fait penser aux bérets blancs de Gilberte Coté-Mercier. Les verts ont adapté le moto de ces extrémistes religieux pour leur religion verte: VERT DEMAIN…

    En ce qui concerne les sables bitumineux, la position du Québec est ambivalente. Tantôt on se scandalise sur la place publique de l’exploitation de cette source d’énergie moins coûteuse que toutes les alternatives connues et le Premier ministre reçoit les félicitations des groupes écolos comme Équiterre. Tantôt on trouve que les affaires pourraient être florissantes pour le Québec si on participait à son exploitation en apportant notre expertise et Équiterre grinche des dents. Il faudra que le gouvernement devienne responsable et arrête de jouer des deux bords de la clôture dépendant des sentiments du moment. Où il adopte la position des verts de s’isoler et de montrer l’exemple à la planète ou de faire ce que Harper fait toujours de se concerter pour que les règles du jeu soient les mêmes partout sur la planète et en particulier en Amérique du Nord. Car Harper va s’aligner sur la décision américaine de réglementer pour tous les états en même temps soit vers 2012.. Le Québec comme dans une course olympienne a fait un faux départ en n’attendant pas le coup de pistolet pour partir avant les autres. Il ne lui reste qu’à revenir à la case départ pour attendre le signal…

  • Jacques Lafond - Inscrit 13 février 2010 12 h 47

    Deux poids, deux mesures

    Voyez vous comment ça marche les affaires, chers québécois vertueux et naïfs. Voyez vous comment on peut prendre le projet le plus polluant de la planète et de le ‘’spiner’’ pour que ça marche. Quand ils vont avoir fini, les sables huileux de l’Alberta vont être, dans la tête des gens, l’équivalent des plages de sables de la Martinique.

    Même chose pour les jeux Olympiques de Vancouver. Un mort sur une glissade avec un défaut de conception évident. Un budget de $2 milliards qui a passé à $6 milliards. Pas grave. C’est beau les jeux. Il va avoir des retombées économiques … On se plaint du manque de français. OK. Garou nous chante une chanson en français. No problem. Mais les jeux seront un succès coûte que coûte ; avec tous ces visages canadiens souriants avec leurs grosses dents blanches et des drapeaux bien rouge et bien canadien partout, partout.

    Ici au Québec, l’hydroélectricité c’est sale, c’est immoral, c’est pas correct. Vendre l’hydroélectrique aux américains. Quelle merde. Méchants capitalistes va … Faut sauver les poissons et les maringouins … Le fait que l’hydroélectricité du Québec soit actuellement le gros contributeur de réduction de gaz à effet de serre de la planète, n’est pas tellement intéressant. On ne parle pas de ça. Save the mosquito.

    Les olympiques de 1976 à Montréal. Quel fiasco. Un déficit, un stade qu’on appelle un bol de toilette. Le fait que le stade olympique a été pendant 30 ans le stade le plus occupé en Amérique, le fait que ce stade est un monument d’architecture en plus d’avoir la plus haute tour incliné au monde, n’est pas tellement intéressant. On ne parle pas de ça. Non, non. Ça ce n’est pas intéressant. Le fait que les jeux de Montréal ont été sur le plan sportif les jeux les plus enlevant et spectaculaires depuis les 50 dernières années, ça, on ne parle pas de ça. Ce n’est pas intéressant …

    Guy Laliberté et Céline Dion sont des vedettes mondiales absolument incroyables. Au Québec, Guy est un maudit riche pas mal flyé et Céline est un peu quétaine …

    A votre décharge, chers québécois vertueux et naïfs, je dirais que ce n’est pas 100% votre faute. Ottawa y met le paquet. Et, ils sont bons. C’est un ethnocide. Rien de moins. Tout ce qui est québécois est mal, et tout ce que est canadien est bien.

    lafond.overtime@gmail.com

  • - Inscrit 13 février 2010 21 h 07

    Les intérêts des uns et des autres sur le dos du Québec !!

    L'Ontario est le royaume des constructeurs d'automobiles et des spéculateurs capitalistes tandis que l'Alberta est le royaume des pétrolières et de l'extrême droite canadienne.

    Ces 2 provinces sont celles qui profitent le plus de la consommation débridée, du capitalisme sauvage, et de la pollution incontrôlée, alors, TSÉ VEUX DIRE !?!

    On a affaire à un discours FAUX, à de la DÉSINFORMATION bien orchestrée !!!

    De plus, vu qu’il s’agit du Québec, la province identifiée au fait français, la malaimée du Canada, il s’agit alors de DÉMAGOGIE puisqu’on tape sur les Québécois(e)s, ce qui risque de faire plaisir à plusieurs dans le ROC et jouer sur les tendances électorales.

    Ce n'est pas la ministre ontarienne Sandra Pupatello ni Harper ni Prentice qui parle contre le Québec, C'EST L'ARGENT, et l’argent est à droite avec les Conservateurs !!!

    Une autre démonstration comme quoi le Québec est abusé par le ROC.

    Vive le Québec Souverain !!