Lutte contre le travail au noir - Québec coupe les vivres à un organisme

Québec — Le gouvernement Charest a réduit de moitié sa contribution au principal organisme qui combat le travail au noir dans l'industrie de la construction, la Commission de la construction du Québec (CCQ). En effet, en 2008-09, il avait versé 8 058 000 $ à la CCQ pour «intensifier la force de ses interventions dans la lutte contre le travail au noir et l'évasion fiscale». L'année suivante, selon le texte d'un décret du 28 octobre 2009, il octroyait que 4 millions.

En Chambre hier matin, lorsque le critique de l'opposition François Rebello a soulevé l'affaire, le ministre du Travail, Sam Hamad, a évité de répondre, affirmant qu'«aucune raison ne justifie, au Québec, le travail au noir» et que le gouvernement avait annoncé la création d'une escouade tactique s'ajoutant aux quelque 340 inspecteurs de la CCQ.

À la CCQ, la porte-parole Jocelyne Roy a soutenu que la compression dans la subvention n'allait pas se traduire par une compression dans la lutte contre le travail au noir. «On maintient le rythme, on maintient les ressources en place», a-t-elle indiqué.

Depuis 1995, la CCQ fait une demande annuelle pour obtenir cette subvention de Québec afin de financer des «projets spéciaux» de lutte contre le travail au noir. «Les montants fluctuent d'année en année», a-t-elle noté. Elle souligne que la CCQ est non seulement financée par Québec, mais aussi par l'industrie, par le truchement d'un prélèvement sur la masse salariale. Or, dans les dernières années, l'industrie de la construction a connu des niveaux d'activité sans précédent. Si bien que la CCQ générait d'importants surplus annuels. Selon le cabinet de Sam Hamad, lorsque le Conseil du trésor a pris conscience de ces surplus, il a décidé pour 2009-2010 de diminuer la subvention pour les projets spéciaux. Malgré tout, selon des sources, le ministère des Finances étudie la possibilité de combler la perte de 4 millions afin d'accroître la lutte contre le travail au noir.