Négociations avec les employés de l'État - Les syndiqués sont trop gourmands, selon Pauline Marois

La chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, Pauline Marois, juge les demandes du secteur public «un peu élevées», un commentaire qui a fait sursauter les syndicats représentant les employés de l'État.

À l'occasion du caucus des députés du Parti québécois, hier à Orford, Mme Marois a dit souhaiter que toutes les parties assument leurs responsabilités et négocient le renouvellement des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic, afin d'éviter qu'un autre décret soit imposé par le gouvernement libéral.

Du même souffle cependant, Mme Marois a dit que les demandes syndicales «semblent à première vue un peu élevées». Celles-ci sont de 3,75 % par année pendant trois ans, ce que plusieurs résument par 11,25 % sur trois ans.

Mme Marois a également rappelé que «négocier, c'est aussi une question de compromis».

Réactions syndicales

Interrogé à ce sujet, le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), qui regroupe de grands syndicats de ce secteur, a déploré la perception de Mme Marois.

Si Mme Marois étudiait les demandes syndicales plus à fond, «elle constaterait qu'elles sont raisonnables, raisonnées et totalement justifiables», a indiqué la porte-parole du SISP, Lucie Martineau, également du Syndicat de la fonction publique du Québec.

En entrevue, Mme Martineau s'est d'ailleurs attardée à une autre partie de la déclaration de Mme Marois laissant entendre que l'on doit comparer la rémunération des employés de l'État à celle de travailleurs comparables.

«Actuellement, il y a du retard qui a été pris. Je ne crois pas qu'on sera gagnants si nos employés sont moins rémunérés que la moyenne de ceux du secteur privé comparable», a dit Mme Marois.

Selon Mme Martineau, si l'on fait cette comparaison, le secteur public affiche un retard par rapport au secteur privé syndiqué. «Si on regarde les données de l'Institut de la statistique du Québec, le secteur privé syndiqué, comme nous, on est en retard de 10 %. Elle [Mme Marois] constaterait que nos demandes à 11,25 % sur trois ans ne comblent même pas l'écart immédiat de 10 %», souligne Mme Martineau.

À la FTQ, le président Michel Arsenault n'en démord pas. «Je maintiens que ce qu'on demande est fort raisonnable. Vous n'êtes pas sans savoir que les travailleurs du public ont pris un retard au niveau salarial depuis plusieurs années lorsqu'on les compare aux gens du privé, lorsqu'on les compare aussi aux travailleurs des autres provinces et aux travailleurs du fédéral», a-t-il affirmé en entrevue.

À la CSN, le vice-président Louis Roy partage la même opinion et invite Mme Marois à mieux exprimer sa pensée. «Nous croyons que nous sommes légitimés de lui demander qu'elle exprime un peu plus précisément sa pensée», a-t-il dit en entrevue.

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