Pour qui le lieutenant-gouverneur se prend-il?

Pierre Duchesne
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Pierre Duchesne

Québec — Comme Lise Thibault avant lui, l'actuel lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne se comporte en monarque au-dessus des lois, dénonce l'opposition péquiste.


La députée Agnès Maltais y voit pour preuve le refus de M. Duchesne de rendre des comptes sur ses dépenses devant la Commission de l'administration publique.

En effet, dans une missive datée du 15 janvier, le lieutenant-gouverneur informe le secrétaire de la Commission qu'il «ne sera ni présent, ni représenté» à la séance prévue le 4 février.

Celui qui incarne la monarchie britannique au Québec justifie son refus en invoquant en outre «les privilèges» reliés à ses fonctions.

«Il invoque la prérogative royale. Depuis quand, au Québec, on pense qu'être représentant de la royauté fait qu'on va échapper au contrôle des parlementaires?», a lancé Mme Maltais hier, en conférence de presse à l'Assemblée nationale.

Pour le lieutenant-gouverneur, seule une loi «spécifique à cette fin» peut «l'obliger à rendre compte» devant la Commission. Une affirmation «d'un ridicule consommé», s'est insurgée la députée de Taschereau.

«C'est une réponse ridicule. Il existe une loi actuellement qui s'appelle la Loi sur l'Assemblée nationale. Cette loi dit que tout dirigeant d'organisme public doit comparaître devant la Commission de l'administration publique à sa demande. [...] On n'a pas besoin d'une nouvelle loi pour monsieur», a-t-elle insisté.

Qu'il le veuille ou non, a ajouté la députée de Québec, le lieutenant-gouverneur est responsable de sa gestion des fonds devant les contribuables qui assument la facture.

«Ce n'est pas la reine d'Angleterre qui paie le salaire de Pierre Duchesne, ce sont les contribuables québécois. Alors, qu'il comparaisse devant les contribuables québécois, point final», a-t-elle tranché, d'un ton outré.

Le Parti québécois veut mettre au pas le successeur de Lise Thibault et demande à la Commission de l'administration publique de prendre les moyens à sa disposition pour le forcer à se présenter devant les parlementaires.

Arrivé en poste en 2007, le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne a vu son budget passer de 707 000 $ en 2008 à 775 000 $ en 2009.

Grisé par ses fonctions monarchiques, M. Duchesne se croit dispensé de toute reddition de comptes, comme l'était avant lui Lise Thibault, a lâché Mme Maltais.

«Il a suffi d'à peine deux ans pour que monsieur le lieutenant-gouverneur, le très honorable Pierre Duchesne, décide que lui maintenant est au-dessus des lois et au-dessus des lois de l'Assemblée nationale. Cette comédie a assez duré», a-t-elle argué.

À voir en vidéo