Reprise de l'élection - Le PQ victorieux dans Champlain

Québec — Le Parti québécois a causé une certaine surprise hier en conservant la circonscription de Champlain, en Mauricie, lors d'une élection tenue plus d'un mois après les élections générales du 14 avril dernier.

La candidate péquiste, Mme Noëlla Champagne, a obtenu environ 39% des suffrages, ce qui lui a valu une avance de près d'un millier de voix sur le candidat libéral Pierre-A. Brouillette. L'adéquiste Rock Laviolette a terminé troisième avec près de 25 % des suffrages. La victoire péquiste est convaincante, compte tenu que le Parti québécois avait été clairement défait lors de l'élection générale de la mi-avril par les troupes libérales de Jean Charest, qui forment maintenant le gouvernement du Québec.

Avec la victoire de la candidate Champagne, la répartition des sièges lors de la reprise des travaux de l'Assemblée nationale le 3 juin prochain sera la suivante: Parti libéral 76 députés, Parti québécois 45 députés et l'Action démocratique, 4 représentants.

L'élection avait été rendue nécessaire parce que dans la circonscription de Champlain, il y avait eu égalité des voix le soir du 14 avril dernier.

Ce jour-là en effet, la péquiste Noëlla Champagne et le libéral Pierre A. Brouillette ont terminé chacun avec 11 852 voix. Le représentant de l'Action démocratique Rock Laviolette avait terminé troisième avec 9881 voix, soit 1971 voix de moins que les deux premiers.

L'article 394 de la loi électorale prévoit depuis 1989 qu'en cas d'égalité des voix, une nouvelle élection a lieu environ un mois plus tard. Il y avait quatre candidats dans Champlain le 14 avril dernier. Trois d'entre eux étaient de nouveau sur les rangs, soit la péquiste Champagne, le libéral Brouillette et l'adéquiste Laviolette.

Entre-temps, trois nouveaux candidats s'étaient rajoutés pour le scrutin d'hier: Lucie Favreau, de l'Union des forces progressistes, Richard Lahaie, du Parti vert du Québec, et Gilles Noël, du parti Démocratie chrétienne du Québec. Ces trois candidats ont tous recueilli une proportion insignifiante du vote.

Des ministres du nouveau gouvernement libéral, des députés de l'opposition péquiste et le chef de l'ADQ Mario Dumont se sont amenés à plusieurs reprises dans Champlain au cours du dernier mois afin d'aider leur candidat respectif.

Le sort de la candidate Champagne avait été particulièrement cruel. Le soir de l'élection générale, le 14 avril dernier, elle avait été déclarée victorieuse avec une avance de huit voix.

Un nouveau recensement des voix, le lendemain du scrutin, avait réduit cette avance à cinq voix.

Le libéral Brouillette avait alors demandé un dépouillement judiciaire. Le juge Richard Poudrier, de la Cour du Québec, a effectué ce dépouillement le 23 avril et en est venu à une nouvelle addition qui a donné une parfaite égalité entre Mme Champagne et M. Brouillette, lesquels ont obtenu chacun 11 852 voix.

Une situation semblable s'était produite dans la circonscription de Saint-Jean, en Montérégie, en 1994. Le péquiste Roger Paquin et le libéral Michel Charbonneau avaient recueilli chacun 16 536 voix lors du scrutin du 12 septembre.

Il avait fallu une seconde élection, le 24 octobre, pour départager les deux candidats. Cette fois, le péquiste Roger Paquin avait récolté une majorité de 532 voix sur son adversaire libéral.

La victoire de Mme Champagne est apparue dès le début du dépouillement des votes. Son avance s'est accrue très lentement, mais inexorablement. Avec le tiers des bulletins, la péquiste détenait déjà 400 voix d'avance. Cet écart s'est accru de sorte qu'avec les deux tiers des voix comptées, Mme Champagne avait une avance de 860 voix.

Une égalité des votes est exceptionnelle lors d'un scrutin. Avant 1989, si une égalité des voix se produisait dans une circonscription électorale, la loi prévoyait que c'est le directeur local des élections qui devait trancher en utilisant son vote prépondérant.