Le premier ministre dit avoir besoin de sa prime de 75 000 $

Le premier ministre ne perçoit aucun problème éthique dans le fait de recevoir un généreux bonus des donateurs du PLQ, en sus de ses émoluments annuels de 183 000 $ payés par l'ensemble des contribuables.

En point de presse, hier, au terme des travaux parlementaires, M. Charest a affirmé que sa double rémunération lui procurait simplement assez de ressources pour soutenir son train de vie.

«C'est ce que le Parti libéral du Québec et moi avons convenu pour que je puisse avoir ce qu'il me faut pour vivre. C'est tout», a-t-il expliqué, manifestement contrarié.

Depuis 1998, M. Charest a empoché 825 000 $ en salaire de la part du Parti libéral. La prime annuelle est demeurée secrète pendant 10 ans, jusqu'à ce que Jean D'Amour, l'ancien président du PLQ devenu par la suite député de Rivière-du-Loup, ne vende la mèche à un journaliste.

Impliqué dans une affaire de financement politique potentiellement illégale, M. D'Amour s'est récemment retiré du caucus libéral pour la durée de l'enquête de la Sûreté du Québec.

Même si une bonne part de ses revenus provient de contributions versées à la caisse libérale, le premier ministre a dit être tout à fait à l'abri de toute pression ou influence.

En ce sens, il a nié vouloir protéger les bailleurs de fonds libéraux en leur épargnant la tenue d'une commission d'enquête publique sur les allégations de corruption dans l'industrie de la construction.

«Cela n'a rien à voir. Je pense que la réponse est claire. Rien à voir», a lâché M. Charest sur un ton sans réplique.

Jusqu'à maintenant, le chef du gouvernement a fait la sourde oreille à toutes les voix qui s'élèvent — à l'exception notable de la FTQ-Construction — pour réclamer la tenue d'une commission d'enquête publique indépendante.

Même si le gouvernement «n'a pas exclu la possibilité de faire une commission d'enquête», il vaut mieux laisser la police faire d'abord son travail, a répété M. Charest.

«Peu importe ce qui arrivera, encore faut-il qu'il y ait des enquêtes policières pour aller au fond des choses. On ne peut pas faire des gestes à partir d'insinuations et d'allégations, il faut des faits concrets», a-t-il insisté.

L'intégrité du gouvernement libéral a été mise à rude épreuve par les partis d'opposition au cours de la session parlementaire qui vient de prendre fin.

Aux cas allégués de faveurs et d'enveloppes brunes circulant entre politiciens et gens d'affaires se sont ajoutés ces derniers jours des cas troublants de places en garderie accordées à des partisans libéraux.

Au coeur de la tempête, le premier ministre accuse l'opposition péquiste de mener une campagne de calomnies.

«Mme Marois ne peut quand même pas parler d'économie puisque le Québec connaît des résultats reluisants. Je déplore qu'elle ait succombé au salissage, qu'elle ait choisi de faire de l'économie une question secondaire. Nous avons choisi l'économie, eux ont choisi le salissage», a lancé M. Charest.

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