La démarche nordique du gouvernement Charest est accueillie froidement

Québec — La grande majorité des chefs innus menaçaient, hier, de boycotter la rencontre sur le Plan Nord qui doit réunir quelque 200 personnes aujourd'hui à l'invitation de la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau.

Formant l'Alliance stratégique innue, cinq des sept chefs innus invités tiendront une conférence de presse ce matin au moment même où se déroulera à huis clos cette rencontre qui vise à «partager l'état d'avancement du Plan Nord», selon l'invitation transmise par la ministre.

Les cinq chefs innus — Georges Bacon, d'Unamen Shipu, Georges-Ernest Grégoire, d'Uashat Mak Mani-Utenam, Jean-Charles Piétacho, d'Ekuanitshit, Raphaël Picard, de Pessamit, et Réal McKenzie, de Matimekush-Lac John, réagiront à la «démarche» nordique lancée en septembre 2008 par le premier ministre Jean Charest en vue de la dernière campagne électorale. Ils présenteront leur position «quant à la place des Premières Nations dans les projets de développement sur leurs territoires ancestraux», peut-on lire dans leur communiqué diffusé hier.

Selon leur relationniste Éric Cardinal, les chefs innus se montrent critiques envers la forme que prend cette rencontre, appelée «démarche de concertation» par la ministre. Ils s'opposent aussi sur le fond: il ne peut y avoir de Plan Nord avant qu'une entente intervienne sur les droits des communautés innues relativement à leurs territoires ancestraux.

Le grand chef des Cris, Matthew Coon Come, participera à la rencontre pour se présenter ensuite devant la presse afin de dénoncer les manquements du gouvernement Charest à l'égard de la mise en oeuvre de la Paix des braves, a-t-on appris.

À l'Assemblée nationale, le député d'Ungava et porte-parole de l'opposition officielle pour le développement nordique, Luc Ferland, a déploré «l'état d'improvisation» dans lequel baigne la démarche nordique du gouvernement. «Pour sa grand-messe, la ministre n'a envoyé ni plan de travail, ni ordre du jour, ni document de base», a-t-il signalé.

Hier, au cabinet de la ministre, on en était encore à confectionner la liste des participants. Six ministres seront présents, dont le ministre responsable des Affaires autochtones, Pierre Corbeil, et, pour faire bonne mesure, le ministre délégué Serge Simard. Des fonctionnaires des ministères de l'Éducation et de la Santé seront également présents, a-t-on précisé. Des représentants des communautés autochtones, du monde municipal et des groupes environnementaux ont également été conviés. Soulignons qu'aucun représentant du secteur privé, notamment des domaines minier ou de l'énergie, n'a été invité.

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