Secteur minier - Québec se résigne à sévir contre la délinquante Century Mining

Québec — Critiqué pour sa gestion de l'industrie minière, Québec s'est résigné à entreprendre des démarches pour suspendre le permis d'une compagnie délinquante.

À l'Assemblée nationale hier, l'opposition s'en est prise de nouveau au gouvernement concernant la gestion des compagnies minières. Cette fois, c'est le cas de la minière Century Mining qui a mis le feu aux poudres. Cette compagnie doit plus de trois millions de dollars au gouvernement, des sommes dues depuis 2004 pour la décontamination d'une ancienne mine d'or à l'entrée de Val-d'Or, en Abitibi.

Le Parti québécois estime que le gouvernement Charest est incapable de faire respecter la loi et de récupérer les millions que lui doit Century Mining. Et cette situation ne se limiterait pas qu'à ce cas. «Le Québec compte plus de 345 sites abandonnés, dont les contribuables devront payer pour la restauration parce que le gouvernement Charest est incapable de faire respecter sa loi, souligne le porte-parole de l'opposition officielle en matière de mines et de forêts, Denis Trottier. C'est digne d'une république de bananes.»

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a aussi critiqué le laxisme du gouvernement. «Nous payons pour que des compagnies minières voraces viennent épuiser notre sous-sol, polluer nos terres et faire des profits sans rien payer au Québec», a dit le député de Mercier. Il presse le gouvernement de réformer la Loi sur les mines.

En réponse aux attaques de l'opposition, le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, a indiqué en Chambre que des démarches étaient entreprises pour suspendre le permis d'exploitation de Century Mining si elle ne rembourse pas les sommes dues. Une lettre a été envoyée à la minière mercredi pour l'aviser de cette décision.

L'opposition se demande pourquoi le gouvernement a tant tardé à agir. «C'est à se demander qui gouverne actuellement dans le secteur minier», a ajouté Denis Trottier.

Conflit d'intérêts?

Amir Khadir a par ailleurs accusé le député libéral Daniel Bernard d'être en conflit d'intérêts. Il y a deux semaines, M. Bernard, un ancien ingénieur minier qui représente la circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, se trouvait en compagnie de deux membres de la haute direction de la minière Osisko dans les corridors de l'Assemblée nationale. Le vice-président aux finances de l'entreprise, Bryan Coates, a profité de l'occasion pour faire la leçon au député de Québec solidaire concernant ses interventions sur la mine à ciel ouvert qu'Osisko creuse présentement à Malartic, en Abitibi. «Je pense qu'il y a un conflit d'intérêts quand d'anciens ingénieurs, qui travaillaient pour les mines, sont actuellement à l'Assemblée nationale en train de faire des démarches pour les minières», estime Amir Khadir, qui n'a toutefois pas l'intention de porter plainte officiellement devant l'Assemblée nationale.

M. Bernard se défend en disant que la rencontre entre le député de Québec solidaire et les dirigeants d'Osisko était fortuite et que les allégations de conflit d'intérêts sont non fondées.

Le gouvernement doit déposer sous peu un projet de loi pour modifier la Loi sur les mines. Au printemps dernier, le vérificateur général du Québec a dénoncé le manque d'encadrement des compagnies minières.

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