Une consultation prématurée, selon Marois

Québec — Avant de tenir une consultation sur les façons d'améliorer le financement des partis politiques, comme ce que le Directeur général des élections (DGE) a annoncé hier, une véritable enquête publique doit être déclenchée, croit Pauline Marois. Selon la chef péquiste, ce que fait le DGE revient à «mettre la charrue avant les bœufs».

Actuellement, dit-elle, on peut soupçonner, à la lumière des dernières révélations, qu'il y a collusion entre les entreprises de construction, lesquelles financent des politiciens municipaux afin de «se les attacher», a-t-elle dit. Elle croit donc qu'il faudrait d'abord démontrer et examiner ces liens présumés. «Avant de vouloir soigner un malade, encore faut-il savoir de quoi il est malade et la profondeur du mal.»

La consultation du Directeur général des élections prendra une forme inusitée, celle du «jury citoyen», composé de 12 personnes dont les noms seront tirés au sort et qui feront le procès du système actuel de financement des partis. Ces néophytes auront à répondre à ces questions: «Faut-il ouvrir le financement des partis politiques aux contributions des compagnies ou de tout autre regroupement: oui ou non? Si oui, à quelles conditions? Sinon, faudrait-il modifier les règles existantes?» Le jury tiendra des audiences les 16 et 17 janvier à Québec. Il délibérera et rendra son verdict le 31 janvier.

Le gouvernement a accueilli la démarche favorablement, en disant qu'elle s'inscrivait dans ce qu'il fait actuellement. Dans les prochaines semaines, le ministre Claude Béchard compte déposer un projet de loi qui modifiera la loi électorale. M. Béchard a refusé de dire s'il répondrait oui ou non à la question soumise au jury du DGE. La chef péquiste, elle, a dit être persuadée «que le financement [des partis] par des personnes morales n'est pas une bonne idée».

Plusieurs enquêtes, notamment celle du juge Jean Moisan en 2005, ainsi que des procès comme celui de la firme de génie-conseil Tecsult, en 2007, ont prouvé que tant le PLQ que le PQ ont profité de financements provenant d'entreprises, faits par le truchement de prête-noms.

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