Québec enterre l'Agence des PPP

Québec — La controverse a eu raison de l'Agence des partenariats public-privé (PPP), qui a pris hier le chemin des oubliettes pour faire place à Infrastructure Québec.

En se débarrassant de l'Agence des PPP, le gouvernement Charest tourne la page sur l'une des réalisations les plus chères à l'ancienne ministre Monique Jérôme-Forget.

Avec la création d'Infrastructure Québec, les partenariats public-privé ne disparaîtront pas complètement du décor, mais ils n'occuperont plus une place centrale. Les PPP ne seront qu'un volet des activités de l'organisme.

«Nous continuerons de réaliser des projets en PPP, qu'on pense aux autoroutes 25 et 30, à l'OSM. Mais après cinq ans de mise en oeuvre de cette agence, de mise en place de l'agence, je pense qu'il était important de revoir ses objectifs», a expliqué la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, en conférence de presse à Québec.

Créée en 2004, l'Agence des PPP était devenue, selon la ministre, une étiquette trop lourde à porter en raison des «critiques et de la résistance» suscitées par ce mode de réalisation.

«Dès qu'un dossier passait par le truchement de l'Agence des PPP, on avait tous l'impression que les projets sortaient en PPP et non pas en mode traditionnel, alors que ce n'était pas nécessairement l'objectif prévu», a convenu Mme Gagnon-Tremblay.

Pourtant, sur les 42 milliards de dollars qui seront investis par Québec pour des projets d'infrastructure au cours des prochaines années, seulement 10 % devaient être attribués en mode PPP, a-t-elle fait remarquer.

«Nous croyons toujours aux avantages des PPP, mais il est faux de prétendre que tous les projets doivent être faits en PPP. Il faut s'adapter à des situations et c'est du cas par cas», a dit la ministre.

Le nouvel organisme aura le mandat d'encadrer la réalisation des grands projets publics de 40 millions et plus. Il assurera aussi un contrôle des échéanciers et des budgets prévus.

Les projets de démolition, de construction, d'entretien d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil seront analysés par Infrastructure Québec, qui déterminera, avec les ministères concernés, le mode de réalisation des dossiers.

«Nous voulons créer un guichet public pour concentrer au même endroit l'offre de services et l'expertise nécessaires à la planification, à la réalisation et au suivi de tous ces grands projets publics, peu importe le mode de réalisation privilégié», a précisé la présidente du Conseil du trésor.

Grand pourfendeur des PPP, le porte-parole de l'opposition officielle dans ce dossier, Sylvain Simard, a salué la tournure des événements.

«C'est certain que je ne peux que me réjouir qu'on tourne la page des PPP, que les PPP retrouvent leur place normale, c'est-à-dire l'un des aspects dans les volets possibles pour la construction d'infrastructures publiques», a-t-il soulevé en point de presse.

Le député péquiste demande toutefois à la ministre d'aller plus loin en donnant «des dents» à Infrastructure Québec.

L'organisme, a-t-il estimé, doit pouvoir intervenir directement pour «s'assurer que tout le monde agisse conformément aux meilleures règles de l'art, aux meilleures pratiques généralement admises dans le domaine du contrôle des coûts et de la gouvernance des grands projets».