De Lévis à Montréal - Québec autorise Ultramar à construire un oléoduc

Québec a autorisé par décret hier la pétrolière Ultramar à construire un oléoduc de 240 km entre Lévis et Montréal, qui traversera 28 des 32 municipalités touchées par ce projet, destiné à approvisionner son centre métropolitain de distribution à Montréal-Est.

Ultramar espère ainsi mettre fin au transport de ses carburants par convoi ferroviaire, dont le passage dans les milieux habités posait d'importants problèmes de sécurité et de bruit. La pétrolière menaçait la semaine dernière de tout abandonner en raison de la hausse de ses coûts de réalisation si une décision n'était pas prise rapidement.

Ce projet de 300 millions est pour l'instant bloqué devant la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ), qui doit accepter ou rejeter les demandes de citoyens opposés au passage de l'oléoduc à Saint-Charles-sur-Richelieu et à Saint-Marc-sur-Richelieu, ainsi qu'à Saint-Mathieu-de-Beloeil et à Lévis. Le message envoyé à la CPTAQ par l'adoption d'un décret gouvernemental est toutefois très clair. Dans le cas de Rabaska, le gouvernement Charest n'a pas hésité à passer par-dessus la Commission pour donner un feu vert complet au projet.

Ultramar semblait consciente hier du pouvoir de blocage que constituent les quatre groupes opposés à son projet.

Néanmoins, indiquait Louis Bergeron, directeur principal de la gestion des terminaux d'Ultramar, «il s'agit d'une étape cruciale visant la construction d'un pipeline entre nos installations de Lévis et de Montréal-Est. Bien que certaines étapes restent à être franchies, dont l'obtention de certificats d'autorisation de l'Environnement et l'obtention des permis de construction de toutes les autorités pertinentes — fédérales, provinciales, municipales, utilités publiques et sociétés ferroviaires —, nous pouvons déjà affirmer qu'il s'agit d'un signal clair nous rapprochant du début de la construction, prévu pour 2010.»

Le décret gouvernemental autorise le passage de l'oléoduc de 406 mm de diamètre à une profondeur plus importante que ce qu'exigent les normes canadiennes. Les propriétaires des terrains où passera le pipeline seront dédommagés. Ultramar devra reboiser de façon permanente les superficies défrichées et offrir un dédommagement pour les aires ouvertes de 18 mètres qui seront pratiquées en milieu forestier. Par contre, le passage de l'oléoduc en terrain agricole n'empêchera pas cette activité de se poursuivre par la suite.

Selon l'analyse ministérielle, le projet «apparaît justifié» parce que l'«Ultratrain» pose des problèmes de sécurité lorsqu'il passe avec ses carburants inflammables en milieu habité. Le transport par oléoduc réduira aussi les émissions de GES associées au transport des hydrocarbures par train plusieurs fois par semaine.