Accord sur le commerce intérieur - L'UPA a l'appui de la FTQ et du PQ

À la veille de la signature de l’Accord sur le commerce intérieur, l’UPA a coordonné une manifestation devant le bureau montréalais du premier  ministre Jean Charest.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À la veille de la signature de l’Accord sur le commerce intérieur, l’UPA a coordonné une manifestation devant le bureau montréalais du premier ministre Jean Charest.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le Parti québécois ont joint leur voix hier à celle de l'Union des producteurs agricoles (UPA) pour demander au gouvernement Charest de suspendre son appui au nouvel Accord sur le commerce intérieur, qui fera l'objet d'une conférence interprovinciale aujourd'hui.

Le ministre québécois du Développement économique, Clément Gignac, doit se réunir avec ses confrères à Whitehorse, au Yukon, afin de donner l'approbation finale à un nouveau chapitre de l'accord qui encadrera les échanges de nature agricole.

Le trio contestataire estime que la nouvelle version de l'Accord sur le commerce intérieur (ACI), qui libéralisera par la suite d'autres pans des échanges interprovinciaux, pourrait porter atteinte à l'industrie québécoise et au système de gestion de l'offre.

La gestion de l'offre est un système de mise en marché en vertu duquel la production d'oeufs, de volaille et de lait est modulée en fonction des besoins des consommateurs.

À la veille de la signature, l'UPA a coordonné une manifestation devant le bureau montréalais du premier ministre Charest.

« Les nouvelles dispositions, identiques à celles refusées par Québec en juillet 2008, laissent à l'abandon toutes les mesures favorisant la spécificité des aliments produits au Québec, les règles d'étiquetage, les normes de composition des aliments, la mise en marché collective et ordonnée ainsi que la gestion de l'offre », a indiqué l'UPA dans un communiqué.

Selon l'UPA, une compagnie qui veut percer le marché d'une autre province « pourrait dorénavant se plaindre à l'ACI dès qu'une mesure provinciale ou fédérale entraînerait un coût additionnel ou donnerait l'impression d'entraver ou de restreindre les occasions de commerce ».

Au bureau du ministre Claude Béchard, titulaire des portefeuilles de l'Agriculture et des Affaires intergouvernementales canadiennes, l'attaché de presse a tenu à signaler que le maintien du système de gestion de l'offre a fait l'objet d'un consensus entre les premiers ministres des provinces lors de leur dernière conférence, le 7 août 2009. Pour le défaire, il faudrait un nouveau consensus.

De plus, a dit l'attaché de presse, Pascal D'Astous, le texte est le même que la version sur laquelle les provinces ont travaillé en 2008. « Le texte est connu », a-t-il dit. Et si Québec appuie aujourd'hui un texte qu'il refusait d'endosser l'an dernier, a-t-il ajouté, c'est parce que les provinces se sont depuis entendues sur le maintien de la gestion de l'offre.

« Portes closes »

Mais selon Marie Bouillé, porte-parole du PQ en matière d'agriculture et d'alimentation, il est impératif que Québec « reporte sa décision de signer un nouvel accord, discuté derrière des portes closes et dont les conséquences pourraient être importantes pour l'agriculture québécoise ».

« La semaine dernière, les députés libéraux ont refusé de discuter du contenu du projet d'accord en commission parlementaire. Ce faisant, ils nous font craindre le pire. Quand on ne veut pas montrer les textes, c'est que le gouvernement cache quelque chose aux agriculteurs et aux consommateurs québécois », a ajouté Mme Bouillé. Le gouvernement Charest doit donc « retarder sa signature et dévoiler le contenu de cet accord ».

De son côté, la FTQ, qui affirme représenter 50 000 travailleurs de l'industrie agricole et du domaine agroalimentaire, demande à Québec de « faire marche arrière ». « La FTQ est étonnée du fait que le gouvernement Charest montre tant d'empressement à aller de l'avant avec un texte qui n'a, pour l'essentiel, pas été discuté par les acteurs de cette industrie, ni même été examiné par l'Assemblée nationale. »

L'attaché de presse du ministre Béchard a fait remarquer que la récente signature de l'accord Québec-Ontario sur le commerce et la coopération — qui comprend des dispositions agricoles auxquelles l'UPA a donné sa bénédiction — n'a pas eu besoin d'être ratifiée par l'Assemblée nationale.

À voir en vidéo