Jean Charest se fait rassurant - Les réformes se feront avec les syndicats

Québec - Le premier ministre Jean Charest souhaite mettre en oeuvre sa réforme de l'État «en étroite collaboration» avec le mouvement syndical, qui ne veut pas en faire les frais. Les leaders syndicaux ne souhaitent pas non plus que le rapport Breton entraîne une remise en question des négociations sur l'équité salariale et le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public. Jean Charest a dit vouloir agir rapidement dans ces dossiers, mais sans prendre d'engagements fermes.

Les leaders syndicaux Henri Massé (FTQ), Claudette Carbonneau (CSN), Monique Richard (CSQ) et François Vaudreuil (CSD) ont rencontré Jean Charest hier, jour de la fête des Travailleurs, pour la première fois depuis que le premier ministre a été assermenté. Jean Charest a convenu avec les syndicats de collaborer avec eux pour procéder à sa réforme de l'État, notamment dans la fonction publique, le réseau de la santé et le système d'éducation. «Oui, on veut réduire la taille de l'État, mais il y a des mises à la retraite qui vont arriver en très grand nombre [40 % des fonctionnaires partiront d'ici dix ans], il y a l'émergence des nouvelles technologies. Mais surtout, ce que j'ai dit [hier] matin, c'est que nous allions travailler ensemble», a affirmé Jean Charest, qui était accompagné du ministre du Travail, Michel Després, aussi présent lors de la rencontre.

«On a discuté avec le premier ministre pour dire que ce sont des choses qui doivent se discuter correctement avec les syndicats», a précisé Henri Massé lors de la conférence de presse. «On n'est pas réfractaires à tout changement, mais pas n'importe lequel non plus. Le premier ministre nous a dit qu'on n'était pas là pour en faire les frais, qu'il discuterait ouvertement des orientations avec nous dans le futur et qu'il n'y aura pas de surprises.»

Pas de réponse ferme

Lors de cette rencontre d'une heure, qualifiée par les leaders syndicaux de «cordiale», Jean Charest et les présidents des centrales syndicales ont abordé la question de l'équité salariale, toujours en cours de négociation, et celle du renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, qui arriveront à échéance le 30 juin. «Tout ça va se mettre en branle très rapidement», a assuré M. Charest. Le premier ministre n'a toutefois pas voulu donner une «réponse ferme» sur la conclusion d'une entente sur l'équité salariale. «Même s'il y a un changement de gouvernement, on veut que ça continue», a ajouté Henri Massé.

«Je ne pense pas qu'on puisse dire qu'on sort avec des engagements. Mais il y a quand même une volonté de se pencher en priorité, de leur côté, sur ce dossier car ils savent qu'il y a des attentes. On attend des réponses prochainement et on va talonner pour les avoir», a dit Claudette Carbonneau.

Les leaders syndicaux ne souhaitent pas que le trou de plus de quatre milliards de dollars relevé par l'ancien vérificateur général Guy Breton serve de prétexte au gouvernement pour remettre en cause les revendications syndicales au chapitre de l'équité salariale et du renouvellement des conventions collectives. «Il y a de la stratégie politique là-dedans, a lancé Henri Massé. On savait que le nouveau gouvernement allait nous dire que les prévisions étaient trop optimistes. On est accoutumés à ces "games"-là de lendemain d'élections.» Les leaders syndicaux souhaitent plutôt attendre le dépôt du budget, en juin, pour constater les priorités du gouvernement.