Éric Caire s'impose au premier débat des aspirants chefs de l'ADQ

Lévis — Combatif et prêt à en découdre, Éric Caire a dominé les échanges lors du premier débat des quatre candidats à la direction de l'Action démocratique, hier, à Lévis.

Au terme de la confrontation, M. Caire affichait la confiance du vainqueur. Il avait à ses côtés le président des jeunes adéquistes, Martin-Karl Bourbonnais, qui lui a accordé son soutien «à titre personnel».

Pendant le débat, le député de La Peltrie s'est montré particulièrement agressif envers Christian Lévesque, l'interrompant à plusieurs reprises en plus de pointer vers lui un doigt accusateur. À un moment, il lui a même tapoté l'épaule pour signifier son désir d'intervenir.

«J'ai senti que M. Lévesque avait des positions plutôt floues. J'ai senti qu'il n'était ni convaincu ni convaincant. Je pense que lui et son équipe vont comprendre que ça prend un peu de contenu quand on fait une course à la direction», a dit M. Caire, en point de presse, au sujet de ses échanges musclés avec l'ancien député de Lévis.

Contrairement à ce que plusieurs appréhendaient parmi les quelque 100 militants présents, l'animateur de radio Internet Jean-François Plante est demeuré fort sage, sinon discret, évitant tout commentaire à l'emporte-pièce.

L'heure n'était pas à l'empoignade, a-t-il expliqué.

«S'il y a des différences fondamentales de valeurs entre moi et mes collègues, c'est sûr qu'il y aura des coups de gueule. Je vous rappelle qu'il y a trois autres débats», a dit M. Plante.

Mais l'animateur ne sait pas encore s'il pourra demeurer dans la course et participer aux autres débats. Son bulletin de candidature fait toujours l'objet d'une vérification de validité par le président de l'élection. L'ancien conseiller municipal montréalais devrait être fixé sur son sort aujourd'hui.

Taillon discret

Quant à Gilles Taillon, il n'est pas parvenu à se démarquer en dépit de sa connaissance manifeste des dossiers et des enjeux.

Néanmoins, il était serein à l'issue de l'exercice. «J'étais calme et préparé. J'ai lancé mes idées», a souligné l'ancien député de Chauveau, qui présentera son programme électoral aujourd'hui.

Tenu dans le cadre du congrès des jeunes de l'ADQ, le débat de 90 minutes portait sur quatre thèmes: l'éducation postsecondaire, l'accès au marché du travail, les défis intergénérationnels et l'avenir politique du Québec.

Au moins trois autres débats se tiendront pendant la campagne d'ici au congrès d'octobre.

Droits de scolarité

Les premières salves ont tonné lorsque MM. Lévesque et Caire ont abordé la question des droits de scolarité. M. Caire, qui propose que les étudiants assument 30 % de la facture de leurs études supérieures, s'en est pris à la position «prudente» de son adversaire.

Candidat le «plus à gauche» engagé dans la course à la succession de Mario Dumont, M. Lévesque préconise une modeste indexation des droits de scolarité au coût de la vie.

«Tu as un salaire de député de 85 000 $, l'ensemble de la population a un salaire moyen, par couple, de 45 000 $. Quels choix [les parents] vont-ils faire?», a lancé M. Lévesque à son adversaire.

«Toi, tu en as de l'argent? Pourquoi je paierais pour les études de tes enfants?», lui a répliqué M. Caire.

En fin de débat, les deux hommes ont croisé le fer de nouveau, cette fois dans le dossier de l'avenir politique du Québec. M. Caire a accusé son rival de tenir le discours «vide» du premier ministre Jean Charest, lui reprochant de vouloir enterrer les revendications traditionnelles du Québec.

«M. Caire est un idéologue, moi je suis quelqu'un de lucide», a commenté M. Lévesque, convaincu que l'enjeu constitutionnel est un «débat d'une autre génération».

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