Course à la chefferie de l'ADQ - Éric Caire marche sur les traces de Mario Dumont

Éric Caire en compagnie de Mario Dumont, en 2007. L’influence de l’ancien chef est très présente dans le projet politique soumis hier par le candidat à la chefferie.
Photo: Jacques Nadeau Éric Caire en compagnie de Mario Dumont, en 2007. L’influence de l’ancien chef est très présente dans le projet politique soumis hier par le candidat à la chefferie.

Québec — En plus de maintenir le projet d'abolir les commissions scolaires, le candidat à la chefferie de l'ADQ Éric Caire propose d'augmenter de nouveau les frais de scolarité et d'ouvrir les portes du secondaire à une nouvelle catégorie de professeurs.

Deux jours après la fin de la période de mise en candidature pour la course à la chefferie, l'ancien porte-parole du parti en matière de santé a dévoilé hier un plan pour l'éducation dans lequel on sent fortement l'influence de Mario Dumont.

Comme ce dernier, Éric Caire estime qu'il faut en finir avec une réforme qui «ne prépare pas les jeunes à la vie». En dénonçant «l'incurie» du ministère de l'Éducation, M. Caire a repris le discours de son ancien chef quant à la nécessité de renouer avec une «culture de l'effort» et de la «rigueur». Il faut en outre miser, dit-il, sur «l'autonomie des écoles» et «laisser les professeurs travailler».

Le candidat à la chefferie maintient en outre le projet d'abolir les commissions scolaires qui, selon lui, ont déjà été «rejetées par les Québécois» en raison du faible taux de participation aux élections scolaires.

Les propositions qu'il entend soumettre aux militants adéquistes comprennent aussi le projet d'augmenter «graduellement» les frais de scolarité de manière à ce que les étudiants québécois assument 30 % du coût de leur formation, l'équivalent de la moyenne canadienne. Actuellement, les étudiants québécois assument 11 % de ces coûts.

Quant à la formation des maîtres, M. Caire propose d'ouvrir les portes de l'enseignement secondaire à des diplômés qui n'ont pas de baccalauréat en éducation. Selon son plan, un bachelier en économie, par exemple, n'aurait besoin que d'un certificat d'un an pour enseigner sa matière au secondaire.

Une façon comme une autre, dit-il, d'enrichir le contingent québécois des enseignants. Tout en réaffirmant l'importance d'améliorer la qualité du français des professeurs comme des élèves, le député de La Peltrie s'est même permis une blague sur les difficultés de sa propre équipe dans la langue de Molière. «Si un professeur fait plus de fautes que mon attaché de presse dans un communiqué, vous comprendrez que je peux peut-être l'embaucher comme attaché de presse, mais pas comme prof de français», a-t-il lancé à propos du communiqué de presse truffé de fautes qui l'avait mis dans l'embarras au printemps.

Convaincu que les jeunes devraient avoir reçu une formation solide en anglais dès la fin du secondaire, M. Caire a souhaité donner l'exemple en offrant aux médias une pochette de presse dans les deux langues, une initiative pour le moins inhabituelle dans les environs de l'Assemblée nationale.

M. Caire est le premier des quatre candidats à présenter son projet politique. Son adversaire Gilles Taillon doit faire de même lundi. On aura par ailleurs un avant-goût des positions de tout un chacun, dimanche matin, lors du premier débat des aspirants à la direction du parti à l'occasion du congrès de la commission des jeunes du parti, à Lévis. Le nouveau chef de l'ADQ sera élu le 18 octobre au terme d'un scrutin téléphonique de deux jours.

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