Les politiciens se font plus présents que jamais au défilé de la Fierté Montréal

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a semblé bien s’amuser hier en compagnie des ministres québécoises de la Justice, Kathleen Weil, de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, et des Aînés, Marguerite Blais.
Photo: Pascal Ratthé Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a semblé bien s’amuser hier en compagnie des ministres québécoises de la Justice, Kathleen Weil, de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, et des Aînés, Marguerite Blais.

Agglutinées de part et d'autre du boulevard René-Lévesque, des dizaines de milliers de personnes ont assisté, hier, au défilé haut en couleur de la Fierté Montréal.

Une vingtaine de personnalités politiques, dont la ministre québécoise de la Justice et responsable de la lutte contre l'homophobie, Kathleen Weil, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, et la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, ont pris part au défilé, qui s'est amorcé à 13 heures pile sous le pont Jacques-Cartier.

Elles ont notamment profité de l'occasion pour réitérer la promesse, faite en mai par Kathleen Weil, d'adopter une politique nationale de lutte contre l'homophobie d'ici la fin de l'année. «C'est important pour nous d'être ici. Nous fêtons le peuple avant-gardiste que nous sommes. Mais nous disons aussi qu'il reste beaucoup de travail à faire», a affirmé Yolande James.

Aucun représentant du gouvernement de Stephen Harper n'a accepté l'invitation des Célébrations de la Fierté Montréal. Une absence qualifiée de «honteuse» par Justin Trudeau, député libéral de Papineau. Les Célébrations d'hier «sont aux antipodes de leurs valeurs. Ce n'est pas surprenant. C'est un gouvernement dogmatique», a renchéri Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, qui a l'habitude d'être de cette célébration gaie montréalaise.

Laurent McCutcheon, président du centre d'aide, d'écoute téléphonique et de renseignements Gai Écoute et de la Fondation Émergence, estime que le défilé de la fierté est, en plus d'une grande fête pour la communauté GLBT, un événement politique important. «Le défilé est un agent de changement. Les gens voient que nous existons et les personnalités publiques qui nous entourent. Ça envoie un message très positif à la population», a-t-il affirmé.

Les organisateurs ont voulu souligner cette année le 40e anniversaire de la révolte de la communauté homosexuelle new-yorkaise, après une descente policière dans un bar fréquenté par des gais, et de la promulgation de la loi omnibus au Canada qui a décriminalisé les relations sexuelles entre personnes de même sexe.

Michelle Blanc, présidente d'honneur des célébrations de la Fierté Montréal, s'est montrée optimiste mais réaliste, hier. «Il y a eu des avancées pour les GLBT, mais il reste beaucoup à faire. Changer les lois, c'est une chose, changer les mentalités, c'est une autre. Il y a beaucoup de transsexuels qui se cachent, qui vivent dans le garde-robe notamment.» Tous les trois jours, une personne transsexuelle se fait assassiner quelque part dans le monde, a-t-elle fait remarquer.

Le maire de Montréal a vanté les valeurs d'«acceptation» et de «générosité» des Montréalais. «On dit aux gens: vous avez le droit d'être heureux et que la société vous accepte tels que vous êtes», a lancé Gérald Tremblay, qui, la veille, a parcouru le Village d'un bout à l'autre. «J'ai vu des gens des États-Unis et d'ailleurs au Canada. Ils viennent à Montréal parce qu'ils reconnaissent que c'est ici que ça se passe.»

La piétonnisation de la rue Sainte-Catherine durant la période estivale a sans aucun doute dopé l'activité touristique et commerciale du Village, mais elle a aussi contribué à rapprocher les Montréalais entre eux, selon Benoit Labonté, chef de l'opposition officielle à la Ville de Montréal et maire de l'arrondissement Ville-Marie. «Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas de la communauté [GLBT] et qui ne venaient jamais dans le Village, pour toutes sortes de raisons. Et ces personnes sont venues voir la rue piétonne», a fait savoir M. Labonté.

Le maire — tout particulièrement hyperactif, hier après-midi — s'est évertué, pendant tout le défilé, à distribuer aux milliers de spectateurs des autocollants sur lesquels était inscrit le slogan de la dernière campagne de Gai écoute: «J'aime, un mot qui ne connaît pas la discrimination».

Par ailleurs, des membres de la communauté juive montréalaise ont souligné la fusillade mortelle qui a visé une association gaie et lesbienne de Tel-Aviv au début du mois.

Françoise David et Amir Khadir, les porte-parole de Québec solidaire, Sylvain Gaudreault, Martin Lemay et Agnès Maltais, députés péquistes, et Christian Lévesque, candidat à la direction de l'Action démocratique, étaient aussi sur place, tout comme Louise Harel, chef de Vision Montréal.