Le serment d'allégeance selon les députés péquistes

Québec - Lors de leur assermentation hier, plusieurs des 43 députés péquistes présents — il en manquait un, Daniel Turp — ont ajouté une note personnelle au serment d'allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II qu'ils doivent prononcer et qui semblait leur écorcher les lèvres.

En vertu de la Constitution de 1867, tout nouvel élu doit prononcer un serment d'allégeance qui se lit aujourd'hui comme suit: «Je, [nom du député], jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II.» Adoptée en 1982, la Loi sur l'Assemblée nationale a ajouté un autre serment qui se lit comme suit: «Je, [le nom du député], déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j'exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec.»

Le député de Lac-Saint-Jean, Stéphan Tremblay, a prêté allégeance non seulement à Élisabeth II mais «aussi au roi de France». Le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice, a clos ses deux serments par un «Vive la République!». D'autres y ont ajouté «notre vrai pays, le Québec». D'autres encore ont chuchoté leur serment d'allégeance à la Couronne britannique pour clamer haut et fort leur serment de loyauté envers le peuple du Québec.

De son côté, Bernard Landry, dernier député à être assermenté, a promis son allégeance à la reine «tant que durera le présent ordre constitutionnel et en espérant que la démocratie le change un jour».

Monnaie courante

Selon le secrétaire général de l'Assemblée nationale, François Côté, qui préside la cérémonie d'assermentation, ces ajouts aux serments d'allégeance sont monnaie courante chez les élus péquistes. «L'important, c'est qu'ils soient prononcé de A à Z et que je les entende», a-t-il précisé hier.

Dans son discours qui clôturait la cérémonie tenue dans le salon Rouge, Bernard Landry a déclaré que «l'opposition, comme l'était le gouvernement, sera souverainiste et progressiste», soulignant que sa formation politique poursuivra ses grands idéaux, «c'est-à-dire faire en sorte que la nation québécoise acquière le plus rapidement possible le statut qui est le sien de par la logique, la justice, le bon sens et l'équité».

Celui qui deviendra officiellement chef de l'opposition officielle mardi a rappelé que le PQ avait déjà constitué, après les élections de 1973, «une formidable opposition, une des meilleures de l'histoire, avec six personnes». Avec ses 44 députés, l'opposition péquiste actuelle «harmonise expérience et sagesse, ardeur, fraîcheur des idées», a soutenu Bernard Landry, qui a été ovationné pendant plusieurs minutes juste avant de prêter serment.