Accès à la syndicalisation - Le Code du Québec aurait inspiré Obama

Le projet du président américain, Barack Obama, de faciliter l'accès à la syndicalisation aux États-Unis — l'Employee Free Choice Act — aurait été en partie inspiré du Code du travail du Québec.

En fait, c'est même le Syndicat québécois des métallos qui a transmis une version en langue anglaise du Code du travail du Québec au Syndicat des métallos des États-Unis, à sa demande, a relaté en entrevue à La Presse canadienne le directeur québécois du Syndicat des métallos (affilié à la FTQ), Daniel Roy.

Le puissant syndicat américain des Métallos est l'un des nombreux syndicats qui ont appuyé le président Obama et ont travaillé pour sa campagne. On dit qu'il est le plus important syndicat du secteur privé en Amérique du Nord.

Durant sa campagne, le président Obama avait fait part de sa volonté de faciliter l'accès à la syndicalisation aux États-Unis, où seulement 12 % de la main-d'oeuvre est syndiquée, comparativement à 40 % au Québec.

« Un gars de Sudbury »

Or, le président international du Syndicat des métallos, Leo Gerard, est un Franco-Ontarien de Sudbury qui a travaillé à la fonderie de nickel Inco. Et quand des représentants de l'administration Obama ont demandé à M. Gerard de leur donner un exemple de système qui facilite l'accès à la syndicalisation, il a spontanément pensé au Québec.

«Dans les discussions qu'ils ont eues avec Leo, Leo leur a dit: "il y a un modèle de syndicalisation qu'on connaît dans notre syndicat, qui est celui du Québec, un code du travail où si 50 % plus un des travailleurs décident de déposer une accréditation, il y a accréditation sur-le-champ"», a relaté M. Roy.

«Il a tout expliqué le processus au Québec. Obama lui a dit: "je suis intéressé de voir ça". Alors, on lui a fait parvenir, via Leo, ici au Québec, dans notre syndicat, une copie du Code du travail en anglais. Et ils s'en sont largement inspirés pour la grosse campagne qu'ils font présentement qui est l'Employee Free Choice Act.»

«Leo, c'est un gars de Sudbury qui a gravi les échelons dans notre syndicat et il est rendu président international. Lui, c'est très clair, il parle régulièrement à Obama. Leo nous a parlé ici au Québec, a parlé à moi, et Michel Arsenault était là aussi un petit bout, mais il était sur le point de quitter pour la FTQ», a ajouté M. Roy à propos de l'actuel président de la FTQ, qui était auparavant directeur québécois du Syndicat des métallos.

«Alors, on se parlait tous ensemble. Ça fait que c'est notre Code du travail du Québec qui inspire les Américains pour l'accès à la syndicalisation. Aussi incroyable que ça puisse paraître, là, mais c'est ça», s'est exclamé fièrement M. Roy.

Au Québec, en effet, l'accès à la syndicalisation se fait par signature de cartes d'adhésion à un syndicat, non par un vote au scrutin secret, comme c'est le cas dans bien des juridictions. Dans les deux cas, bien sûr, il faut obtenir une majorité d'adhérents. Aux États-Unis, il est plus facile pour un employeur de contester la représentativité d'un syndicat en exigeant un vote par bulletin secret.

Le projet soutenu par le président Obama prévoit justement qu'un employeur ne pourra plus exiger un vote au scrutin secret avant qu'un syndicat puisse être reconnu dans une entreprise.

Le projet est présentement en veilleuse aux États-Unis, la priorité étant donnée à la relance économique. Mais les syndicats espèrent le voir adopté d'ici la fin de l'année.

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