Véhicules électriques: Québec promet un plan

Une Ford Escape hybride rechargeable sera testée pendant trois ans par Hydro-Québec, ont annoncé hier le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, et le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandale, qu’on aperçoit devant
Photo: Jacques Nadeau Une Ford Escape hybride rechargeable sera testée pendant trois ans par Hydro-Québec, ont annoncé hier le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, et le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandale, qu’on aperçoit devant

Hier, c'était Retour vers le futur chez Hydro-Québec, 15 ans après la présentation de la première voiture hybride rechargeable à moteurs-roues. Depuis, Hydro a délaissé ce projet visionnaire et va maintenant tester pendant trois ans pour Ford une hybride rechargeable, encore loin d'un véhicule à moteurs-roues.

Quatorze ans après avoir mis au rancart le projet d'une voiture hybride rechargeable à moteurs-roues, Québec promet de se doter d'un «plan d'action sur les véhicules électriques» en vue de favoriser «le développement d'une filière industrielle du véhicule électrique» dans la province.

En annonçant cette nouvelle hier au Forum économique international des Amériques, à Montréal, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, n'a toutefois pas précisé les échéances de ce plan d'action. Mais Québec espère ainsi, précise Claude Béchard, «accélérer l'arrivée des véhicules électriques au Québec et déployer les moyens nécessaires pour en maximiser les retombées économiques».

De plus, le plan Béchard comprendra des mesures incitatives pour stimuler le déploiement des véhicules électriques au Québec et des «mesures portant sur l'infrastructure de recharge et son intégration au réseau électrique existant».

Selon une source digne de foi, Québec espère toujours conclure une entente avec le projet Better Place, sous forme de PPP, pour installer un réseau de recharge privé dans la région métropolitaine. Ce projet est déjà controversé, car il reporterait une partie importante de la facture soit sur des clients d'Hydro-Québec soit sur des contribuables qui ont fait le choix de ne pas avoir de voiture, électrique ou pas. En France comme au Québec, les spécialistes estiment qu'en accordant plutôt la priorité à des hybrides rechargeables cette dépense majeure pourrait être évitée, tout en procurant des réductions de 60 à 90 % de la consommation d'essence.

C'est d'ailleurs un véhicule de ce genre, une Ford Escort expérimentale, qui a d'ailleurs été présentée hier par le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandale, et le ministre Béchard. Ford en mettra 21 sur la route, dont une chez Hydro-Québec, pour les tester. Au Québec, Ford veut voir comment le véhicule se comportera pendant l'hiver, a précisé la directrice de son programme de recherche, Nancy Gioia.

Cet hybride rechargeable a une autonomie d'un peu moins de 50 kilomètres et peut atteindre une vitesse de 165 km/h. Quand les accumulateurs sont presque vides, le moteur thermique se met en marche sans intervention du conducteur, ce qui lui assure une autonomie totale en attendant le retour à la maison, où on rechargera les batteries en six ou sept heures sur une prise de courant traditionnelle.

Il en coûtera environ 25 ¢ pour une recharge complète. La facture d'électricité atteindra 244 $ par année pour 18 000 km, comparativement à six fois plus, soit 1383$, pour la version à moteur classique. En ville, cette Escort affiche une consommation moyenne de 2 litres au 100 km.

Selon Mme Gioia, la version commerciale de cette Escort sera «bidirectionnelle», ce qui lui permettra d'alimenter une maison en électricité ou le réseau d'Hydro-Québec lors des pics de consommation.

Le ministre Béchard a insisté sur le fait que 40 % des émissions de GES au Québec sont le fait du parc automobile et que les achats d'essence et de pétrole sortent 12 milliards par année de notre économie: «Nous cherchons, a-t-il dit, par tous les moyens de réduire cette dépendance au pétrole.»

Mais le président d'Hydro-Québec n'a pas pu expliquer pourquoi au lieu de tester une hybride rechargeable pendant trois ans, il ne planifiait pas maintenant l'achat d'hybrides rechargeables, comme les Prius ou les Volt de GM, qui seront sur le marché dès l'an prochain.

Hydro-Québec, a précisé son président, achète environ 400 automobiles par année sur un parc qui compte 5500 véhicules, gros et petits, selon une source qui veut garder l'anonymat. Hydro-Québec, de son côté, a été incapable hier de fournir des données sur son parc automobile, dont la moitié serait composé d'automobiles et l'autre, de camions lourds et légers.

Dans le cas des véhicules lourds, selon nos sources, Hydro-Québec continue d'acheter des camions International à moteur thermique alors que la compagnie Paccar, de Sainte-Thérèse, produit des hybrides classe 7, vendus dans toute l'Amérique. Ils consomment 30 % de moins que des motorisés classiques. Paccar vient d'en vendre 200 à Coca-Cola. Selon le rapport d'Hydro-Québec sur le développement durable, en réduisant de 40 % ses véhicules, soit 151, la société d'État a réduit ses émissions de GES de 263 tonnes et réduit ses achats de carburant de 111 500 litres.

Pour sa part, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs comptait, selon un relevé publié par le Journal de Montréal en novembre dernier, 56 automobiles hybrides, soit 40 % de son parc roulant. Ce dernier compte par ailleurs 53 gros 4x4 comme des Dodge Ram, des Ford F 150 ou 250, des Chevrolet Silverado, etc., et 24 automobiles et fourgonnettes classiques.

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