Aménagement de la rivière Petit-Mécatina - Charest risque gros avec l'argent des contribuables, disent des écologistes

Jean Charest
Photo: Jacques Nadeau Jean Charest

Voir les libéraux applaudir aux nouveaux «vieux» projets hydroélectriques dignes des années 60 de leur chef Jean Charest n'a pas plus impressionné les milieux écologistes québécois que les plaidoyers de George Bush en faveur des gros véhicules des années 70 à l'ère des hybrides. Mais ici, point d'Obama en vue.

Les grands groupes écologistes québécois versés dans les questions d'énergie oscillaient hier entre le sourire moqueur à l'endroit du nouveau «grand Timonier de l'énergie», selon le mot de Christian Simard de Nature Québec, et la crainte que ce dernier ne précipite Hydro-Québec dans un «gouffre financier avec un endettement éminemment risqué».

Pour Anne-Marie Saint-Cerny, de la Fondation Rivières, la récente crise à la Caisse de dépôt et placement a démontré «que le problème central a été la faiblesse de l'évaluation du risque».

Or, dit-elle, «comment peut-on laisser Hydro-Québec dépenser presque 20 milliards sans que la population ait en mains une étude exhaustive et indépendante — plus rigoureuse que les analyses du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement! — qui nous dira si investir coup sur coup dans le harnachement de la Rupert, de la Romaine, dans la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 et maintenant sur la Petit-Mécatina est une chose sensée alors qu'on n'a strictement aucune idée des prix, des critères d'évaluation du risque encouru à négocier en période de surplus officiel, et sans même avoir des clients et des contrats fermes en mains».

«Sans un examen rigoureux de la rentabilité de ces investissements et de la pertinence de les remplacer, peut-être, par des projets alternatifs plus rentables, poursuit-elle, on doit dire que la stratégie du gouvernement Charest est tout simplement affolante. On n'est pas dans un contexte de confiance quand on voit la situation de ce type de gestion en forêt, dans les pêcheries, les mines et à la Caisse de dépôt.»

Pour Christian Simard, le directeur de Nature-Québec, «il est anormal de poursuivre ce développement à l'ancienne de la Côte-Nord et du Québec sans analyser les impacts cumulatifs sur la biodiversité du bétonnage systématique des rivières. Dans le dernier rapport du BAPE sur le projet Romaine, on note qu'en 2000, Hydro-Québec opérait 145 centrales qui ont artificialisé 30 rivières. En 2008, la société d'État en opérait 174 sur 121 rivières, soit une augmentation de 400 % en sept ans du nombre de rivières frappées dans leur intégrité écologique».

«Le gouvernement Charest, poursuit Christian Simard, bafoue la seule recommandation courageuse de ce dernier rapport du BAPE, par ailleurs complaisant: il recommandait de protéger la Petit-Mécatina en échange de la disparition de la Romaine, ce que Jean Charest s'empresse d'ignorer en accélérant plutôt la mise en oeuvre de cet autre projet.»

«Mais c'est un peu de notre faute à nous, les écologistes, ajoute le porte-parole de Nature Québec. On n'a pas réussi à faire comprendre aux Québécois que toucher à l'intégrité d'un cours d'eau, c'est lourd de conséquences et que c'est une solution de dernier recours, surtout quand il y a d'autres solutions de moindre impact, comme l'efficacité énergétique, l'éolien et la géothermie, pour obtenir la même électricité.»

Quant à Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution, il propose que l'on retienne de Jean Charest qu'il est surtout un «contaminateur de cours d'eau au mercure, et cela, au moment où les États-Unis tentent de réduire leurs émissions dans les centrales thermiques pour enfin protéger les cours d'eau contre ce fléau.»
4 commentaires
  • P. Boutet - Inscrit 26 mai 2009 08 h 25

    Gouffre financier

    Pourquoi pas?

    Mettre en faillite Hydro Québec pour la vendre à l'entreprise privée!

    Après la bourse de Montréal et la Caisse de dépôt, ce serait une suite logique.

  • Tim Yeatman - Abonné 26 mai 2009 08 h 51

    Actionnaire dans le ciment?

    À regarder notre Premier Ministre Jean Charest couler du béton partout dans nos campagnes ( élevages intensifs sur gestion liquide avec les fosses), dans nos rivières (barrages électriques) et sur nos routes (au lieu d'investir dans le train) depuis plusieurs années, je ne peux qu'en retirer une seule conclusion: il détient plusieurs parts dans l'industrie du ciment.

    Johanne Dion,
    sur le courriel de mon conjoint,
    Richelieu (royaume du cochon industriel), Qc

  • Maurice Monette - Inscrit 26 mai 2009 13 h 52

    Ce n'est qu'un ballon politique ...

    Quand les gens ne pensent qu'à leur petit avenir politique immédiat, ÇA peut leurs paraître génial de se construire une "baudruche publicitaire" sur un potentiel présumé de bassins hydrologiques qui semble inépuisable...

    Mais, la réalité est toute autre quand on intègrent tous les bouleversements qui sont induits par l'apocalypse que notre "Terre d'Émeraude" transcende actuellement. Depuis des années, depuis le début des années 1990, que les bouleversements géophysiques actuels avaient été annoncés car, comme après chaque période d'environ 2000 à 2200 ans, la Terre subit une légère variation dans l'inclination de son axe de rotation. Ce qui implique qu'il y a un déplacement des eaux inévitable qui se fait sur le globe, entraînant ainsi l'inondation de terres habitées alors que d'autres vont s'exonder. Ce procédé se réalisait normalement sur une période de temps de quelques siècles, pendant lesquels les populations ne faisaient que s'adapter imperceptiblement aux changements du relief de leur environnement.

    Mais, avec la disparition de la couche d'ozone et l'accumulation de gaz-à-effets-de-serre ou g. e. s. que la circulation automobile et la productivité industrielle ont engendrée, la fonte des calottes glaciaires s'est accélérée exponentiellement et la période de "bascule" de la Terre sur son axe de rotation est de beaucoup précipitée. Ce qui laisse présager que l'eau qui paraît actuellement très abondante dans la rivière "Petit-Mécatina", pourrait devenir moins tumultueuse et que le barrage qu'on y auraient construit ou même, qu'on y construiraient, ne seraient même plus assez concentrée pour faire tourner les turbines. Il en est de même aussi pour tous les autres barrages d'Hydro-Québec. Actuellement, nous ne sommes sûrs de rien !

    Tout se déroule à un rythme accéléré anormal, à cause de toutes les SUR-exploitations que la gent humaine a faites et continue d'amplifier autour de sa Mère la Terre, toujours motivées par la CUPIDITÉ incontrôlée de Dirigeants(es) de Celle-ci. Elle en est donc rendue à ses derniers relents de survie et on trouvent encore des excuses pour s'exempter de devenir plus MATURES dans nos besoins. Alors, est-ce bien raisonnable de vouloir investir pour créer un barrage qui finira par devenir un "éléphant-blanc" par manque de ressource hydraulique, d'ici quelques décennies...?

    Ce ne serait que pour créer des emplois pour un temps, sans perspective d'avenir à plus long terme et finalement ne pas pouvoir produire d'électricité pour cause d'assèchemment du cours d'eau. Rappelons le, les calottes glaciaires s'amincissent de plus en plus. Donc, vaudrait peut-être mieux regarder vers l'éolien ou le marée-moteur ou le solaire ou ...

    La politique humaine se base sur des échéances de vie à court terme mais, l'Évolution du Cycle Céleste est plus lent et demande que nous nous adaptions en conséquence, pour éviter de créer des "baudruches inutiles"... comme "POMPÉI" ou "l'ATLANTIDE" qui a déjà été exondée..., il y a longtemps de ÇA.

    Merci de votre Attention & c'est un pensez y bien...

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière

  • Chryst - Inscrit 27 mai 2009 15 h 06

    Pourquoi tant de précipitations ?

    Parce que le premier ministre sait qu'il n'a plus d'avenir au Québec et que les québécois ont fait une erreur en votant pour lui, les deux mains hors du volant. Avec son hydroélectricité, il ne sait aucunement ce que son gouvernement et la population manquent de nouvelles technologies.