La crise actuelle inspire quelques réflexions à Québec solidaire - Petit manuel du 1er mai pour réfléchir à l'après-capitalisme

Au-delà du simple resserrement des règles financières et du sauvetage d'entreprises, la crise économique devrait donner lieu à une réflexion sur les principes mêmes du capitalisme. C'est du moins ce que soutient le parti de gauche Québec solidaire, qui a lancé hier un manifeste invitant à «dépasser le capitalisme» pour sortir de la crise économique.

Pas question cependant pour le parti de fournir un petit mode d'emploi. Même le titre de la brochure lancée à l'occasion du 1er mai est ponctué d'un point d'interrogation: «Pour sortir de la crise, dépasser le capitalisme?» «Ce n'est pas le petit livre rouge de Mao [...] C'est d'abord et avant tout une invitation à réfléchir ensemble. Si la crise est dévastatrice pour l'environnement, pour les finances, pour le destin de notre peuple, pour le sort des familles, de ceux qui perdent leur emploi, ce malheur pourrait peut-être être utile à quelque chose», fait valoir le député solidaire de Mercier, Amir-Khadir.

Le document, imprimé à 10 000 exemplaires, fournit certes quelques pistes, pour la plupart issues de la plate-forme politique du parti, telles que la construction de logements sociaux, le développement de l'économie sociale, l'investissement dans le transport en commun ou encore un chantier sur l'efficacité énergétique. Mais il présente surtout une vulgarisation de la crise financière et économique, mettant en lumière les contradictions du néolibéralisme.

Devant ses électeurs sur la place Gérald-Godin, le député de Mercier, Amir Khadir, s'en est pris aux opérations de sauvetage d'entreprises, notamment des institutions financières et des géants de l'automobile. «On est en train de démontrer que le capitalisme ne fonctionne pas quand on n'admet pas qu'une entreprise en difficulté doit disparaître, par la notion même de compétition. [...] Chaque fois qu'il y a des risques, des banqueroutes, l'État est mis à contribution. On socialise les pertes, les échecs, les coûts. On est contre ça», a critiqué M. Khadir, accusant les décideurs et certaines directions syndicales de s'accrocher à des emplois «porteurs de passé».

«Si on doit soutenir une banque ou une entreprise, la première chose à faire, c'est de s'assurer qu'il y a un plan de relance qui conserve les emplois, les acquis des travailleurs, mais, plus encore, un plan résolument écologiste», renchérit la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David.

Celle qui avait déjà donné la réplique en 2005 au manifeste Pour un Québec lucide, où on préconisait des hausses de tarifs, la privatisation de certains pans des services de santé ou encore le recours aux partenariats public-privé, convie les tenants du néolibéralisme à «rendre des comptes» devant les ratés du système.

À ceux tentés de proposer un simple «resserrement» des règles, les solidaires répliquent qu'une analyse plus en profondeur s'impose. «Cela ne se limite pas aux abus de confiance, aux excès ou aux imprudences des Henri-Paul Rousseau [...], à la corruption rampante dans nos villes, nos ministères. [...] Notre système lui-même est peut-être la source du problème. Il est peut-être temps de le revoir de fond en comble», conclut le député Khadir.

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