Le Québec doit virer à droite, selon Éric Caire

Québec — À moins d'amorcer un virage à droite, le Québec risque de se heurter à des difficultés au cours des prochaines années, a soutenu hier l'aspirant chef de l'Action démocratique, Éric Caire.

Le député de La Peltrie peaufine présentement une campagne au leadership dont le thème central risque de déplaire à ceux qui espèrent profiter de l'État providence malgré la récession et l'endettement public.

«Quand on tarde à traiter une maladie, plus on attend, plus le traitement doit être important, sévère et parfois douloureux. Les Québécois auront des choix à faire, des choix qui ne seront pas toujours faciles», a dit M. Caire en conférence de presse à Québec, entouré de son personnel de campagne.

Le candidat à la succession de Mario Dumont, qui se définit comme un politicien de centre droit, a recruté Denis Julien pour le conseiller dans la préparation de sa campagne au leadership.

M. Julien est le coauteur et coproducteur de L'Illusion tranquille, un documentaire choc sorti en 2006 qui dénonce le modèle social québécois et le syndicalisme.

Président du «comité de réflexion» sur le programme électoral, M. Julien n'a pas mis de temps à afficher ses couleurs. À ses yeux, le modèle québécois est devenu «un gros GM social», qui n'a pas les moyens de remplir ses promesses et qui doit être prestement réformé.

M. Caire ne dévoilera sa plateforme électorale qu'à l'automne, mais il est acquis que les thèmes abordés dans L'Illusion tranquille y figureront au premier plan.

«Ce film est pour moi une inspiration. Alors, sans se tromper, on peut dire que la plateforme que je vais proposer va s'inspirer de L'Illusion tranquille», a-t-il dit, partageant la même méfiance que les auteurs du film envers les monopoles d'État, l'universalité des programmes sociaux et la «culture des acquis».

Par ailleurs, Éric Caire s'est adjoint les services de deux députés défaits en 2008, Richard Merlini et François Benjamin, pour coprésider sa campagne à la direction.

«À l'ADQ, nous n'avons pas besoin d'un sauveur, mais d'un leader», a commenté M. Merlini, un militant du Parti libéral du Canada qui a représenté la circonscription de Chambly sous la bannière adéquiste entre 2007 et 2008.

«Je l'ai côtoyé pendant 18 mois et il sait s'entourer. [...] J'ai reconnu en lui un leader», a pour sa part déclaré M. Benjamin, ex-député de l'ADQ dans Berthier et ancien sympathisant souverainiste, à propos d'Éric Caire.

Pour l'aspirant à la direction de l'ADQ, le tandem Merlini-Benjamin incarne bien l'orientation autonomiste défendue par le parti.

À voir en vidéo