Les fromagers artisans n'en démordent pas

Québec refuse d’indemniser les producteurs pour les pertes induites par la crise de la listériose de l’été dernier.
Photo: Jacques Grenier Québec refuse d’indemniser les producteurs pour les pertes induites par la crise de la listériose de l’été dernier.

Les appels à l'aide n'ont pas été entendus. Au terme d'une rencontre avec le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, les fromagers artisans se disent plus que jamais abandonnés par Québec, qui vient une fois encore de refuser d'indemniser les producteurs pour les pertes induites par la crise de la listériose de l'été dernier.

«En plus de ne pas reconnaître l'ampleur du drame, on a le sentiment que le gouvernement ne veut rien entendre», a résumé Louis Arsenault, président de l'Association des fromagers artisans du Québec. L'homme a rencontré M. Lessard vendredi dernier à Québec pour parler de l'avenir du secteur, mais également de l'abondance des inspections ciblant les petits producteurs. L'entretien a été qualifié de «virulent». «On sent une très grande indifférence face à ce que nous vivons. Et cela nous dérange beaucoup.»

L'association tient le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) pour responsable des turbulences avec lesquelles doivent composer les fromagers artisans depuis plusieurs mois. «Dans la foulée des saisies de l'été dernier, notre secteur a arrêté de fonctionner pendant un mois, dit M. Arsenault, et l'ampleur médiatique qu'a prise cette crise a pas mal hypothéqué notre développement.» Le groupe de producteurs dénonce aussi les inspections ciblées et répétitives sur les fromages au lait cru du Québec des derniers mois. Cette mesure, aujourd'hui présentée comme un «plan d'accompagnement» par le gouvernement, a toutefois fait craquer plusieurs producteurs et a causé également la disparition d'une dizaine de fromages des tablettes.

L'association, qui dit avoir en main des chiffres prouvant la baisse des ventes de ses produits depuis septembre dernier, réclame à grands cris depuis le début de la crise la mise en place d'un programme d'aide financière. L'objectif? Assurer le développement durable et la pérennité de cette filière agroalimentaire versée dans la construction des terroirs du Québec. «Nous avons reçu une fin de non-recevoir, dit M. Arsenault. Et même si nous n'avons pas l'intention d'en démordre, pour le moment, l'optimisme n'est pas au rendez-vous.»

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