Phase I et II du nouveau CHUM - Bolduc promet une transition en douceur

Les plans du CHUM sont attendus de pied ferme. Déçue d'être tenue à l'écart du processus, la CSN somme l'administration du CHUM de rendre public le plan fonctionnel et technique (PFT) et de consulter les employés sur les services qui seront offerts, comme c'est le cas pour le CHU McGill. Quant au plan de transition, qui planifiera les services entre la phase I et II, il ne commencera pas à être élaboré d'ici un an, a dit le ministre Bolduc.

Le CHUM sera «complet» en ce qui a trait aux services, mais ne sera véritablement «complété» qu'en 2018. Pourtant, impossible d'y voir complètement clair d'ici au moins un an. Le plan fonctionnel et technique n'est pas terminé, et le plan de transition, qui déterminera l'organisation des services entre la première et la deuxième phase du projet, ne commencera pas à être élaboré avant un an.

Ainsi, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a jugé qu'il était prématuré d'affirmer qu'il y aura des problèmes de salles d'opération inutilisées dans la première phase du futur Centre hospitalier, comme le rapportait Le Devoir hier. Faute d'un nombre de lits suffisant, une partie des quelque 40 salles d'opération n'allaient pas pouvoir fonctionner à plein régime, du moins pas avant que la phase II ne soit achevée.

L'édifice devant être construit à l'arrière de l'actuel pavillon Saint-Luc constitue la phase I du projet et ne comptera qu'environ 400 des 772 lits prévus. Le deuxième édifice s'élèvera en lieu et place de Saint-Luc qui sera rasé. On devrait y trouver quelque 372 lits.

Selon le directeur général par intérim du CHUM, Serge Leblanc, la phase 1 du CHUM n'en demeurera pas moins un hôpital «complet» comme l'avait affirmé la semaine dernière le ministre de la Santé. «La notion de complet réfère à un hôpital qui offre toute la gamme des services. Par ailleurs, il est vrai que le projet du CHUM ne sera complété, lui, qu'en 2018», a souligné M. Leblanc.

Au cabinet du ministre, on confirme la nécessité d'avoir un plan pour organiser la transition de ces services de chirurgie. «Il se peut que dans la première semaine [après la première phase] ça ne fonctionne pas à plein régime, mais c'est justement pourquoi il faut un plan de transition. Il faut voir comment tout ça va être aménagé et quelles spécialités il va falloir introduire en premier», a indiqué Marie-Ève Bédard, l'attachée de presse de M. Bolduc.

Le PFT se fait attendre

De son côté, la CSN déplore être dans le néant. «Ça démontre qu'il n'y a pas de planification connue sur le mode de transition, et ça peut causer des inquiétudes. On ne peut pas répondre pour l'employeur. Quand on lui pose des questions, je ne sais pas s'il ne peut pas ou s'il ne veut pas répondre, mais, de toute évidence, il y a un manque d'information. [...] Comment peut-on planifier un tel chambardement de services sans faire participer les employés et les médecins à un comité de travail?», a lancé Louis Roy, vice-président de la CSN, lors d'une conférence de presse hier.

La centrale syndicale a réclamé la formation d'un groupe de travail pour accroître le dialogue entre les administrations du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), ceux du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), le gouvernement du Québec et les employés que la CSN représente. Selon M. Roy, ce comité de travail permettrait de trouver des solutions dites publiques pour assurer les services qui seront offerts dans les deux futurs mégahôpitaux. Il cite en exemple le cas des cuisines, de la buanderie et de l'entretien ménager.

Après en avoir fait la demande à la Commission d'accès à l'information, la CSN s'est fait refuser une copie du plan fonctionnel et technique du CHUM. Pourtant, note M. Roy, celui du CHU McGill est connu. On a même permis au syndicat des employés-es du Centre universitaire de santé McGIll-CSN de participer à un groupe de travail où les divergences notoires d'opinion sur le mode de financement sont respectées.

«De 2013 à 2018, les patients vont être où dans le CHUM. Et les employés? On ne sait absolument rien, on avait un interlocuteur avec M. Villiard, qui est tombé malade en décembre et, depuis ce temps-là, c'est le néant», a conclu M. Roy.

Le Devoir avec La Presse canadienne

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