Défi Montréal : un nouveau programme pour aider les immigrants à trouver un emploi

Le gouvernement Charest a lancé hier, à Montréal, le premier volet d'un nouveau programme de six millions de dollars visant à aider de la façon la plus souple et efficace possible l'intégration en emploi des immigrants faisant face aux plus grands obstacles.

Appelé Défi Montréal, le nouveau programme fait partie d'un plus vaste ensemble de mesures annoncées il y a déjà plus d'un an pour s'attaquer au problème de l'entrée des immigrants sur le marché du travail et disposant d'un budget total de 68 millions. La part de ce montant qui reviendra à Défi Montréal sera de six millions de dollars en trois ans et servira à financer une cinquantaine de projets locaux. On espère ainsi aider un total de 3000 immigrants à accéder à un emploi. On vise spécifiquement trois clientèles confrontées, en la matière, à des difficultés encore plus aiguës que les autres, soit les travailleurs d'origine maghrébine, les femmes immigrantes et les minorités visibles. Il s'ajoute à tous les autres programmes déjà existants, mais se promet de savoir mieux que les autres comment tenir compte des besoins sur le terrain.

«Il n'y a pas un secteur ni un quartier de la métropole qui soit exactement pareil aux autres, a expliqué hier en conférence de presse la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James. Il faut être en mesure de s'adapter à ces différentes réalités. Pour cela, il faut une souplesse et une rapidité d'action que les autres programmes ne peuvent pas toujours avoir.»

Agréable surprise

On a lancé hier les neuf premiers projets financés par le nouveau programme. Ils disposeront de 900 000 $ et devraient permettre à au moins 600 immigrants de se trouver un emploi, si possible arrimé à leurs compétences et à leurs intérêts.

L'un de ces projets aidera, dans le quartier Villeray, des dizaines de femmes nouvellement arrivées au Québec à découvrir, par l'entremise de stages, d'autres métiers que ceux qu'elles connaissaient dans leur pays. Un autre offrira à de jeunes étudiants issus de l'immigration, et inscrits à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys en formation technique, un accès à des emplois à temps partiel dans leur domaine dès le début de leurs études. Un autre encore vise à multiplier les occasions de contact des travailleurs et de nouveaux entrepreneurs immigrants avec des gens d'affaires de l'arrondissement Saint-Laurent.

Le directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Laurent, Robert Petit, dit avoir été agréablement surpris par l'approche centrée sur les résultats du programme Défi Montréal. «Il y a plus de 130 communautés culturelles différentes à Saint-Laurent, et beaucoup beaucoup de gens qui ne demandent qu'à travailler dans leur domaine», a-t-il dit au Devoir après la conférence de presse. De l'autre côté, nos entreprises parlent du problème de pénurie de main-d'oeuvre depuis des années. Pourtant, je ne pense pas que notre projet aurait su répondre à tous les critères des autres programmes.»

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