À l'espoir succédera la prospérité, dit Landry aux Gaspésiens

Gaspé - Bernard Landry a fait du surplace hier dans la région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, se bornant à parler d'espoir pour une relance de la région et l'exploration gazière qui tardent à se concrétiser.

Il a toutefois multiplié les sauts de puce, commençant la journée à Gaspé pour ensuite aller haranguer les quelque 400 Madelinots entassés dans la salle de la maison de la culture. Par la suite, M. Landry s'est rendu à Caplan pour une assemblée de militants. À chaque endroit, il a discouru sur la Gaspésie qui se transforme, y voyant le résultat que suscite l'espoir.

«Nous n'avons pas encore redonné la prospérité mais nous avons redonné l'espoir», a soutenu M. Landry. Puis il a assuré n'avoir «jamais vu l'espoir jouer de mauvais tours». Pour une rare fois au cours de la campagne, il a blâmé Ottawa pour les problèmes dans cette vaste région maritime. «C'est vrai que la Gaspésie et les Îles ont eu des épreuves et des problèmes dont elles ne sont aucunement responsables. Ce n'est pas vous autres qui avez mal géré la mer. C'est pas vous autres qui avez créé la catastrophe dans le transport aérien, en particulier», a-t-il lancé.

Quant au projet de forage au large des côtes de la péninsule qui n'est toujours pas développé, là encore M. Landry a montré du doigt Ottawa. Il a assuré ne pas avoir créé de faux espoirs dans la population alors que les autres grands projets du genre se sont développés sur près d'une décennie.

«Là, c'est pas l'espoir qu'on a semé, c'est la pression sur le gouvernement du Canada pour nous rendre justice. Ils ont non seulement autorisé mais subventionné l'exploration pétrolière à Terre-Neuve [Hibernia] avec nos taxes. Nous, on ne leur demande pas d'argent. On leur demande simplement de nous autoriser à le faire comme en Nouvelle-Écosse, à l'île de Sable», a d'abord souligné Bernard Landry.

Ce dernier a souligné avoir écrit personnellement au premier ministre du Canada pour activer le dossier. «Jean Chrétien m'avait dit qu'au début 2003, ça devrait être réglé. On est rendus au troisième mois de 2003 et ce n'est pas encore réglé. Alors, je lui fait encore un appel. Dès que je serai de retour à mon bureau après les élections, je lui écrirai pour qu'il explique où en est son engagement», a promis M. Landry.

Selon le premier ministre Landry et le ministre Maxime Arseneau, responsable du dossier de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, il est inacceptable de retarder de dix ans l'exploitation de ressources en hydrocarbures, en gaz ou en pétrole. «C'est vraiment aberrant», a laissé tomber M. Landry.

Ce dernier a rappelé qu'au gouvernement fédéral, le supposé blocage du dossier serait dû à un objectif antisouverainiste. «Qu'il s'enlève ça de la tête et qu'il pense aux 4000 jobs en Gaspésie», a ajouté M. Landry.

Pour ce qui est des possibles répercussions de l'exploration et éventuellement de l'exploitation gazière sur la pêche (deux emplois sur trois aux îles de la Madeleine), le ministre Arseneau a lancé: «Une chose est sûre, c'est que, si on ne perce pas de trous, on ne saura jamais. [...] Je veux qu'on prenne toutes les précautions mais qu'on n'empêche pas le Québec d'aller voir s'il y a des ressources comme on l'a autorisé à Terre-Neuve et à l'île de Sable. Il est tout à fait légitime d'aller voir quel est le potentiel», a-t-il affirmé.

Pour cette journée sur le thème de la pêche, MM. Landry et Arseneau se sont engagés à consacrer un million par année pendant trois ans pour mettre en place un programme de commercialisation des produits de la mer. Ces fonds pourraient notamment servir à l'embauche de spécialistes en marketing, question d'élaborer des stratégies de mise en marché.