Construction - L'ADQ veut une enquête publique

Québec — L'Action démocratique souhaite qu'une enquête publique sur le domaine de la construction soit déclenchée tout de suite. Il faut procéder immédiatement, même si les enquêtes policières n'ont pas encore été bouclées, croit Sylvie Roy, la chef intérimaire de la formation politique. Puisque aucune accusation n'a encore été portée, «une enquête publique n'aurait pas pour effet de brimer le droit à une défense pleine et entière de quiconque», a soutenu celle qui est aussi avocate. À ses yeux, «tout semble entremêlé» à l'heure actuelle. «On voit Henri Massé [l'ancien président de la FTQ] avec des individus bien proches du monde interlope. On voit des dirigeants de la FTQ proches du même monde, proches aussi du monde des affaires, d'autres proches de la politique... Ça commence à devenir incestueux, tout ça. Faudrait faire la lumière là-dessus», a-t-elle fait valoir. À ses yeux, dans la commission d'enquête du juge Robert Lesage sur les dépassements de coûts à la Gaspésia en 2005, «on a vu les conflits d'intérêts entre la FTQ et le Fonds de solidarité» et, selon elle, on constate que les problèmes sont loin d'être réglés.

Mme Roy dit qu'habituellement, elle est plutôt réticente à réclamer des enquêtes publiques. Mais «comme Québec s'apprête à investir massivement tout notre avoir, toutes nos billes, dans la construction d'infrastructures», il est urgent de tenir une telle enquête.

Charest laisse la porte ouverte

Dans une interview au Devoir hier, le juge Lesage soutenait qu'il était temps d'appliquer la première recommandation de son rapport: la tenue d'un comité parlementaire pour étudier le fonctionnement des fonds comme le Fonds de solidarité (FSTQ).

«Ce que je trouve étonnant, c'est quand on remet en question la raison d'être des Fonds de travailleurs au Québec, alors qu'on est en récession», a rétorqué le ministre du Développement économique, Raymond Bachand. «Ça me fera plaisir de discuter de ça en commission parlementaire», a-t-il lancé. Est-ce à dire que le comité souhaité par le juge Lesage se tiendra? Non, a répondu le ministre en précisant qu'il aborderait la question lors de la commission sur les crédits de son ministère.

Quant au premier ministre Charest, il n'a pas fermé la porte hier à la tenue d'une enquête. Mais il a souhaité que tout exercice du genre, qu'il soit parlementaire ou public, s'il doit avoir lieu, se tienne plutôt après la fin des enquêtes policières. «Laissons ces enquêtes se faire et on aura l'occasion politiquement de faire le travail qui nous revient à nous, mais d'abord les enquêtes», a-t-il déclaré à l'entrée du caucus, hier.

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