Le CHUM et le CUSM sous la loupe du vérificateur général

Québec — Le vérificateur général du Québec portera aujourd'hui un regard critique sur la conduite des grands projets hospitaliers universitaires de Montréal, soit ceux du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le Centre universitaire de santé de McGill (CUSM) et le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Sainte-Justine.

Le vérificateur général, Renaud Lachance, dévoilera cet après-midi un rapport intitulé Projets de modernisation des centres hospitaliers universitaires de Montréal. Ce rapport découle de la vigie que le vérificateur, dans son dernier Plan stratégique 2006-09, s'est engagé à faire des grands projets de tout ordre entrepris par le gouvernement. Ainsi, il a déjà passé en revue le projet d'instaurer un dossier médical informatisé dans le réseau de la santé.

Dans son rapport annuel pour l'année 2006-07, Renaud Lachance faisait observer qu'au fil des ans, ses travaux sur des dépassements de coûts lors de la réalisation de plusieurs grands chantiers gouvernementaux avaient mis en évidence «d'importantes lacunes de gestion». Il s'était donc engagé à assurer la vigie de ces grands projets, à commencer par les projets du CHUM, du CUSM et du CHU de Sainte-Justine.

À l'Assemblée nationale, hier, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a demandé à Jean Charest s'il n'était pas en train de préparer «un enterrement de première classe de l'héritage de la ministre des Finances», Monique Jérôme-Forget, soit le partenariat public-privé (PPP) du CHUM, quand il a évoqué «un plan B» lors du lancement, lundi, de l'appel de propositions pour le projet de 2,5 milliards. Citant les projets de PPP déjà en marche au Québec, soit le prolongement des autoroutes 25 et 30, le premier ministre a fait valoir que les PPP, «ça n'a jamais été une formule de pointure unique».

L'opposition officielle soutient qu'en raison des difficultés de financement qu'éprouvent les deux consortiums en lice pour le CHUM, l'abandon de la formule du PPP s'impose. «S'il y a un changement, on va s'ajuster», a dit Jean Charest.

De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a soutenu qu'il était «impossible» de prédire les coûts exacts d'un projet qui sera achevé dans dix ans. «Nos estimés [sic], plus on se rapproche du projet, plus on est capable d'avoir le coût juste», a-t-il toutefois souligné.

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