Souveraineté - Landry a raison, dit Parizeau

L'Assomption - Pour sa première incursion dans la campagne électorale, hier, Jacques Parizeau s'est abstenu de jouer les trouble-fêtes, appuyant sans réserve la position du chef du Parti québécois, qui refuse de préciser, pour l'heure, le moment du prochain rendez-vous référendaire.

Plus encore, M. Parizeau a tenté de dédouaner le gouvernement du Parti québécois en ce qui a trait à sa gestion du système de santé au cours de l'allocution qu'il a prononcée devant des cégépiens de son ancien comté, celui de L'Assomption.

«Je crois que M. Landry a tout à fait raison de ne pas vouloir s'engager à faire un référendum au cours d'un prochain mandat, a dit M. Parizeau. On ne sait pas de quoi l'avenir est fait. Il ne faut jamais s'avancer trop longtemps à l'avance, se mettre des menottes, se barricader.

«Pour le moment, il ne s'engage pas dans des histoires de date et de mandat, et je le comprends très bien. Il a parfaitement raison», a soutenu l'ancien premier ministre du Québec, à la retraite depuis 1995.

«Vouloir réaliser la souveraineté du Québec à l'horizon 2005, je trouve ça bien, compte tenu du temps que ça laisse, du temps pour toute une série de travaux de préparation», a poursuivi M. Parizeau.

Parmi ces travaux, M. Parizeau a mentionné qu'il faut envisager «une éventuelle union confédérale à offrir au reste du Canada».

«Pour René Lévesque, c'était la souveraineté-association; pour moi, sous la pression du Bloc, de M. [Lucien] Bouchard et des commissions sur l'avenir du Québec, j'ai offert un partenariat. M. Landry offre sa formule de possible union confédérale», a-t-il fait valoir.

M. Parizeau a exposé aux étudiants les grandes lignes des tâches à accomplir durant la période de transition entre le référendum gagnant et la déclaration de la souveraineté.

«Il faut mettre en place la transition en matière de justice, d'impôts, de traités. Il y a des décisions à prendre quant à l'intégration des ministères, la réorganisation des services de police. En 1995, beaucoup de dossiers étaient prêts, mais certains ont changé, par exemple sur le plan des finances publiques et la répartition des impôts entre le gouvernement et les municipalités», a-t-il poursuivi.

À un étudiant qui se demandait si le gouvernement actuel ne devait pas être tenu responsable du piteux état du système de santé, M. Parizeau a soutenu que dans un Québec souverain, on n'aura pas à faire le départage des responsabilités entre le fédéral et le Québec.

«On ne sait jamais, dans notre système, qui est responsable. On va le savoir dans un pays souverain. Si ça marche bien, ce sera notre faute. Même chose si ça marche mal.»