Premier candidat à la succession de Mario Dumont - Éric Caire propose à l'ADQ de rompre avec l'amateurisme

Photo: Jacques Nadeau

L'Action démocratique du Québec doit clarifier ses idées, que ce soit sur les commissions scolaires ou en matière d'autonomisme, croit Éric Caire, qui s'est porté candidat, hier, à la chefferie du parti.

Québec — Le député de La Peltrie, Éric Caire, s'est lancé, hier, dans la course à la succession de Mario Dumont en affirmant sa volonté d'en finir avec les positions floues et incomplètes de l'Action démocratique du Québec. «Il va être fondamental qu'on s'impose comme formation politique de la rigueur et de la cohérence», a déclaré Éric Caire avant de faire son entrée à la réunion du caucus de sa formation.

Selon le député, qui milite depuis dix ans au sein de l'ADQ, le parti fondé par Mario Dumont a eu beaucoup de bonnes idées. «Mais ces idées-là, bien souvent, sont mortes au feuilleton parce qu'on n'a pas réussi à les défendre. Une bonne idée, dans le fond, c'est une permission de la fouiller, de la travailler avant de la proposer aux Québécois.»

Il a pris pour exemple cette proposition d'abolir les commissions scolaires avancée par l'ADQ lors de l'élection de 2007 et reprise par la suite. Cette idée n'a pas été correctement présentée à l'électorat, selon lui. «L'erreur que nous faisons, c'est de laisser croire que l'abolition des commissions scolaires, c'est un objectif. C'est faux. L'objectif, c'est d'avoir de meilleures écoles, de lutter contre le décrochage, d'avoir des jeunes qui sortent de l'école avec un diplôme qui corresponde à leur talent. Qui va leur permettre de bien travailler, de bien gagner leur vie et d'être des membres actifs de la société.»

Éric Caire a rappelé que contrairement au Parti libéral et au Parti québécois, l'ADQ n'avait pas l'expérience du pouvoir. «Nous n'avons pas la présomption des citoyens que nous pouvons réaliser ce qu'on propose. Donc, pour ça, il faut que notre démonstration qu'on [est] capables de mettre en application nos idées soit en béton.»

L'autonomisme: un concept flou

Éric Caire juge que l'ADQ n'a jamais réussi à expliquer aux Québécois le sens de sa position constitutionnelle, l'autonomisme. «On ne peut pas se contenter de dire: "Je suis autonomiste". Ça veut dire quoi? Le parti a un travail à faire, un travail de fond à faire, pour bien clarifier la position constitutionnelle», a-t-il dit.

Ni souverainiste ni fédéraliste, l'autonomisme est une véritable troisième voie, même si «pour vous ça ne veut rien dire», a fait valoir Éric Caire. «Il faut arriver non seulement avec une étiquette, mais avec un mode d'emploi, une recette.» Cette recette, l'ADQ doit l'élaborer de façon à ce que l'autonomisme, «vous n'essayiez pas de racoller [sic] ça à la souveraineté ou à une forme de fédéralisme».

L'autonomisme, c'est aussi renoncer au référendum comme moyen pour le Québec de bâtir un rapport de force devant Ottawa. «On a eu deux référendums au Québec. Qu'est-ce qu'on a établi comme rapport de force? Moi, je pense qu'on a établi un rapport de faiblesse avec le référendum», a souligné le candidat.

Stéphane Gendron est le bienvenu

Éric Caire semble ne pas vouloir se formaliser des piques que lance le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, chaque fois qu'il en a l'occasion. Même si Stéphane Gendron s'attaque à «l'establishment» du parti et affirme que M. Caire n'a pas l'envergure d'un chef, «il est le bienvenu» comme militant et comme candidat. «J'espère que Stéphane, s'il est sérieux dans ses prétentions d'aider l'ADQ, va travailler en fonction d'aider l'ADQ et non pas d'aider Stéphane Gendron», a-t-il toutefois affirmé.

Le candidat croit de toute façon qu'une course au leadership serait salutaire pour le parti. Il a d'ailleurs présenté le député de Shefford, François Bonnardel, comme un «candidat de valeur qui amènerait dans cette course-là de l'étoffe».

François Bonnardel a indiqué, hier, qu'il poursuivait sa réflexion. «On ne s'en va pas à la présidence des Chevaliers de Colomb, on s'en va à la présidence d'un parti. Il faut bien évaluer tous les pour et les contre», notamment ses appuis, a-t-il livré. Comme d'autres adéquistes, il a dit constater que le départ de Mario Dumont avait soulevé de l'enthousiasme. «Les gens sont enthousiastes de croire qu'il y aura du renouveau politique», a-t-il dit.

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