Le milieu de la santé se réjouit de conserver son statut prioritaire

Avec une augmentation de 5,7 % de la portion du budget réservée à la santé et aux services sociaux, plusieurs fédérations, associations et regroupements de ce secteur se réjouissent que la santé semble demeurer une priorité croissante pour le gouvernement du Québec. Si quelques montants sont reconduits, notamment pour la médecine familiale et les soins de première ligne en santé mentale, certains déplorent toutefois que peu d'investissements directs visent la population vieillissante.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, dit accueillir favorablement la hausse de 1,5 milliard du budget en santé. «De voir que le gouvernement réussit à augmenter le budget en santé dans le contexte économique actuel, ça montre qu'il fait de la santé une priorité», a-t-il noté. Du discours de la ministre des Finances, il retient la volonté du gouvernement d'implanter des Groupes de médecine familiale et le maintien des services de première ligne.

À l'instar de la grande majorité des intervenants du secteur de la santé, la directrice de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, Lise Denis, s'est dite soulagée de constater que les coûts de système de la santé et des services sociaux sont encore couverts. Peu de nouveaux investissements, note-t-elle, mais certains montants seront octroyés pour le développement, dont une de 35 millions pour répondre aux besoins particuliers des personnes souffrant d'une déficience physique ou intellectuelle.

Une préoccupation demeure: peu de ressources sont allouées pour le maintien à domicile et le renforcement des services. «Le gouvernement prétexte qu'il a mis beaucoup d'argent dans ce secteur l'an dernier, mais ça ne change rien au fait que la population est vieillissante et que de plus en plus de gens auront besoin de ces services», a soutenu Mme Denis.

Manque d'audace

Malgré la hausse, qui permet d'absorber l'évolution des coûts du système, le Québec demeure en dessous de la moyenne canadienne au chapitre des dépenses en santé par habitant, déplore l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Le manque d'audace du gouvernement à ce chapitre est d'autant plus difficile à comprendre qu'il a choisi d'investir 1,6 milliard sur deux ans dans le Fonds des générations. Cet argent aurait pu servir à renforcer sa capacité d'action, particulièrement en temps de crise économique.

Par ailleurs, la Fédération des médecins spécialistes du Québec se dit heureuse d'avoir été entendue et que le gouvernement ait choisi d'augmenter la TVQ pour générer des revenus et faire face à de grands enjeux. «Mais nous aurions préféré qu'il mette en application la totalité de nos suggestions», a fait savoir son président, Gaétan Barrette, par voie de communiqué.

À voir en vidéo