Des choix bien accueillis - Une rare unanimité patronale et syndicale

Patrons et syndicats ont tous trouvé matière à se réjouir du budget dévoilé hier par le gouvernement Charest.

«Nous saluons le budget le plus interventionniste des dernières années», a déclaré Claudette Carbonneau. La présidente de la CSN a estimé que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, avait déterminé «plusieurs bonnes cibles» en pariant notamment sur la formation des travailleurs, un meilleur soutien financier des entreprises, la protection des réseaux de santé et d'éducation, sans parler du nouveau coup de pouce offert au Fondaction de la CSN sous forme de crédits d'impôt supplémentaires.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, s'est montré particulièrement fier de l'idée du gouvernement de mettre à contribution la Caisse de dépôt et placement et le Fonds de solidarité de la FTQ pour venir en aide aux entreprises technologiques en démarrage et en croissance. «Le modèle québécois, c'est ça: on a des outils collectifs qui font en sorte que, quand [...] il faut traverser une crise ensemble, on est à l'heure de la solidarité financière», s'est exclamé le chef syndical. Il a d'autre part salué à son tour «l'effort louable» du gouvernement en matière de santé et d'éducation et de services à la famille, ainsi qu'en emploi et en formation, particulièrement dans le secteur manufacturier.

Le Conseil du patronat du Québec a félicité la ministre Jérôme-Forget d'avoir agi «de manière responsable» en annonçant quelques mesures bien précises visant à venir en aide aux travailleurs et aux entreprises tout en s'engageant à rétablir rapidement l'équilibre budgétaire. Le CPQ a quand même dit espérer que le gouvernement trouvera rapidement un moyen d'éviter la hausse de la TVQ annoncée pour 2011, tout en admettant que cette forme d'augmentation du fardeau fiscal était moins néfaste que d'autres.

La Fédération des chambres de commerce du Québec partageait sensiblement même opinion hier. Acceptant que l'on fasse exceptionnellement une entorse à la règle du déficit zéro en période de crise, la Fédération s'est aussi réjouie que l'on continue malgré tout de contribuer au Fonds des générations.

L'Association de la construction du Québec estime que le gouvernement tient promesse en matière d'investissement en infrastructures, mais qu'il aurait pu en faire plus pour la construction résidentielle. Le Conseil de l'industrie forestière du Québec a pour sa part préféré attendre un peu avant de se prononcer pour voir si l'élargissement du programme Renfort à l'industrie forestière lui sera bel et bien profitable.

Le pot

Le budget Jérôme-Forget n'a toutefois pas reçu que des fleurs.

«On est loin du grand vent du sud du président Obama», a déploré Claudette Carbonneau en parlant des mesures de relance économique. La présidente de la CSN s'est aussi inquiétée des plans de compression budgétaire, d'indexation des tarifs et de hausse de la TVQ, et a réclamé un grand débat public sur la fiscalité.

Son homologue de la FTQ aurait voulu un moratoire sur la baisse du taux de la taxe sur le capital et qu'on commence tout de suite à augmenter doucement la TVQ plutôt que d'y aller d'un coup en 2011.

La CSD a qualifié les dépenses en infrastructure de trop timides et le maintien des versements au Fonds des générations d'erreur. «Les gels de budgets, les coupures d'emplois se multiplient et l'État craque de partout», a dénoncé pour sa part Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a déploré la hausse des tarifs. Elle a aussi dit douter que les nouvelles mesures, visant à donner aux PME un meilleur accès au crédit et au capital de risque, profitent vraiment aux plus petites entreprises, qui comptent pour un tiers des emplois.

Les membres du Front commun des personnes assistées sociales du Québec ont dit avoir été placés devant une réalité «brutale» lorsqu'ils ont compris que rien ne serait fait pour relever le niveau des prestations d'aide sociale. Leur porte-parole, Amélie Châteauneuf, a dit ne pas comprendre qu'on ne réponde pas à une demande qui fait l'unanimité des experts et alors même que «des milliers de personnes assistées sociales vivent au Québec dans l'itinérance ou l'insécurité alimentaire».

***

Avec La Presse canadiennee

À voir en vidéo