Les villes espéraient davantage

Photo: Pascal Ratthé

Les villes du Québec, petites et grandes, réclament depuis des mois des investissements dans leurs infrastructures. Le budget du gouvernement Charest comporte quelques bonnes nouvelles en cette matière, mais pas suffisamment au goût de certains maires.

Si les villes se réjouissent des investissements annoncés dans la valorisation des matières organiques et dans la construction de logements sociaux et communautaires, elles déplorent que de grands pans de leurs revendications aient été ignorés dans le budget déposé hier par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, tout comme son collègue de Laval, Gilles Vaillancourt, s'est réjoui de la création d'un programme de soutien financier de 500 millions destiné à l'implantation d'infrastructures de compostage par «digesteurs anaérobies». «On sait tous les efforts qu'on doit faire "au niveau" du compostage pour réduire la quantité de déchets aux sites d'enfouissement. On avait demandé 170 millions. C'est une bonne nouvelle pour Montréal», a commenté le maire Tremblay hier.

Les municipalités devront toutefois contribuer au financement de ce fonds pour une somme équivalant à 167 millions puisque le coût de ces investissements devra être partagé entre les trois ordres de gouvernement.

Le maire Tremblay a également applaudi la création d'un fonds de 3,6 milliards échelonnés sur cinq ans pour les infrastructures en matière de traitement de l'eau potable et des eaux usées. Ce fonds permettra à la métropole de financer son projet de désinfection par ozonation de la station d'épuration de l'est de la ville, a indiqué M. Tremblay.

Le budget prévoit peu de chose pour les transports en commun, mais Gérald Tremblay ne s'en étonne pas: «Nous ne nous attendions pas à avoir des mesures spécifiques quant au financement de l'exploitation du transport en commun pour régler notre déficit structurel, mais on est en discussion avec le gouvernement du Québec et c'est le Fonds vert qui serait la meilleure option.» Du moins le gouvernement a-t-il décidé d'élargir le rôle du fonds destiné aux infrastructures routières, qui inclura désormais les transports en commun.

Pour sa part, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est dit plutôt satisfait du budget dans les circonstances. Il a notamment salué la création d'un nouveau fonds de 825 millions de capital de risque et de trois fonds de 125 millions pour soutenir de nouvelles entreprises.

Déception en région

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) s'est montrée beaucoup moins enthousiaste à l'égard du budget, qualifié de décevant et dépourvu d'audace. Ce budget ne permettra pas d'insuffler aux régions l'impulsion nécessaire pour stimuler leur relance, croit le président de la FQM, Bernard Généreux. Québec a ignoré de nombreuses demandes de la FQM, qu'il s'agisse du développement de l'énergie éolienne communautaire, de la voirie locale ou des nouvelles technologies comme le branchement à Internet haute vitesse, a déploré M. Généreux. Il s'en est aussi pris à l'absence de mesures destinées à aider les centres de tri en pleine crise.

Le ton est plus positif du côté de l'Union des municipalités (UMQ). Selon son président, Robert Coulombe, le budget comporte plusieurs mesures intéressantes. Il cite, à titre d'exemples, les investissements destinés à la valorisation des matières organiques et le soutien de 65 millions sur deux ans qui sera accordé à l'industrie forestière.

La construction de 3000 logements supplémentaires par l'entremise du programme AccèsLogis est accueillie avec satisfaction par les maires bien qu'en région, cette mesure ne réponde pas aux besoins des plus petites villes, signale la FMQ.

Tous s'entendent pour dire qu'il faut sans tarder investir dans les infrastructures et que l'argent qui dort dans les coffres du programme fédéral Chantiers Canada doit, de façon urgente, faire l'objet d'ententes entre Ottawa et Québec.

Les villes sont aussi déçues que le gouvernement ne leur offre pas une part de l'augmentation de 1 % de la taxe de vente du Québec qui entrera en vigueur en 2011.

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