Dumont parti, l'avenir de l'ADQ est incertain

Québec — Mario Dumont annoncera aujourd'hui qu'il abandonne à son sort l'Action démocratique du Québec/Équipe Mario Dumont, un parti qui devra changer de nom et dont l'avenir, sans le chef qui l'a dirigé depuis 1994, apparaît incertain.

C'est en vue de l'élection de 2003 que Mario Dumont avait eu l'idée de changer le nom de l'ADQ pour le combiner au sien afin d'assurer à son parti une notoriété sur les bulletins de vote qu'il n'aurait pas eue autrement. L'initiative n'a guère été concluante puisqu'elle n'a pas empêché l'ADQ de subir une dégelée à l'élection générale qui a suivi.

Mario Dumont tentera sa chance dans le secteur privé à Montréal, a confirmé, hier, une source proche de lui. La connivence qu'il entretenait avec les conservateurs à Ottawa a été reconnue par le premier ministre Stephen Harper qui aurait offert au chef adéquiste de faire le saut sur la scène fédérale. Mais Mario Dumont veut se soustraire aux feux de la rampe. Qui plus est, il a toujours dit qu'il n'avait pas la fibre pour faire de la politique à Ottawa, à l'instar de son mentor Robert Bourassa qu'il a renié avec fracas en 1992.

C'est aussi à son poste de député de Rivière-du-Loup que renonce Mario Dumont. Déjà, les libéraux ont un candidat pour ravir la circonscription, Jean D'Amour, cet ancien maire de Rivière-du-Loup qui s'était présenté contre M. Dumont en 2007 et qui, après son amère défaite, a été récompensé en obtenant la présidence du Parti libéral du Québec.

La semaine dernière, Mario Dumont avait informé ses députés de se préparer à son départ imminent, une intention accueillie avec soulagement par le caucus adéquiste. Des députés comme Janvier Grondin, de Beauce-Nord, estiment que l'ADQ doit se trouver un chef d'ici la rentrée parlementaire de l'automne. Au lendemain de la dernière élection, on croyait, dans les rangs adéquistes, que l'élection du prochain chef de la formation politique pourrait attendre 2010. On sent depuis une certaine urgence.

Selon Radio-Canada, c'est Sylvie Roy, de Lotbinière, qui assumera l'intérim, elle qui n'a aucune ambition de succéder à M. Dumont. Selon les statuts de l'ADQ, ce choix doit être arrêté par l'exécutif avec le consentement du caucus, a indiqué le président de l'ADQ, Simon-Pierre Diamond. On comprend que ce sera plutôt l'inverse.

L'ADQ doit tenir un conseil général en mai. Aucune date n'est toutefois fixée. Le congrès de leadership devrait avoir lieu en septembre, selon le voeu de ces adéquistes qui favorisent une élection rapide du prochain chef. C'est un comité responsable de la succession, formé de Me Marc-André Gravel, de Me Sébastien Proulx, ex-député de Trois-Rivières, et de Sabrina Duguay, qui doit déterminer les modalités de la course d'ici 15 jours.

L'intérim permettra à Éric Caire, de La Peltrie, de choisir entre son ambition et ses obligations familiales. François Bonnardel, d'Arthabaska, songe aussi à se présenter. Le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, a déjà indiqué qu'il ne présenterait pas sa candidature si le congrès a lieu cette année.