Consultations prébudgétaires - Khadir tente de convertir Jérôme-Forget

Le Québec doit profiter de la présente crise économique pour prendre résolument le virage vert, mais aussi pour miser sur l'économie sociale et tourner enfin le dos au modèle de développement qui nous a menés à la débâcle qui balaie la planète. C'est ce que le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a fait valoir auprès de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, hier, dans le cadre des consultations prébudgétaires du gouvernement.

«J'ai dit à Mme Jérôme-Forget que, pour sortir de la crise, le Québec aurait besoin de mesures beaucoup plus vigoureuses que celles qu'elle a présentées jusqu'ici et qu'elle devrait changer de logiciel de pensée en ce qui concerne l'économie. La crise est la preuve par quatre que le laissez-faire face au marché ne fonctionne pas», a-t-il affirmé à la sortie de sa rencontre.

Le député de Mercier a du même coup critiqué ce qu'il appelle la «recette» libérale. «La ministre des Finances, pour contrer la dette, propose de réduire les services publics ou d'augmenter les tarifs. Au lieu de faire ça, il faut tabler sur plus de revenus de l'État, par exemple en allant puiser dans le Fonds des générations, les redevances sur l'eau ou les fonds de sacoche, c'est-à-dire le fonds d'urgence.»

Avec les sommes dégagées, soit un peu plus de 1,6 milliard de dollars, Québec solidaire propose de financer sept mesures qui devraient permettre la création de plus de 38 000 emplois en cinq ans. On suggère ainsi de lancer un chantier de 50 000 logements sociaux, d'améliorer le programme d'efficacité énergétique, de diminuer de 12 % le ratio élèves-enseignants au primaire et au secondaire, de développer le transport en commun et d'investir dans l'économie sociale. Pour aider les plus démunis, la formation juge également nécessaire de bonifier les prestations d'aide sociale et de faire passer le salaire minimum à 10,50 $ l'heure.

M. Khadir estime que les propositions de son parti ont été «reçues avec attention» malgré la «différence de perspectives» qui le sépare de la ministre libérale. Il a notamment souligné la sensibilité de cette dernière au problème que représente l'évasion fiscale, qui priverait le Québec de plus de trois milliards de dollars de revenus chaque année.

Au sujet de la Caisse de dépôt et placement, dont on connaîtra demain les résultats financiers pour l'exercice 2008, il se dit convaincu qu'il faudra revoir les orientations de celle-ci et s'assurer que ses gestionnaires agissent «prudemment et sur l'économie du Québec».

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