Les coûts de construction ont doublé en deux ans - Le projet de la rue Notre-Dame retourne sur la planche à dessin

En deux ans, les coûts du projet de modernisation de la rue Notre-Dame ont doublé. Ce vaste chantier, qui doit s'échelonner sur six ans, pourrait maintenant faire l'objet d'une révision à la baisse.

Tentant de comprendre ce qui a bien pu entraîner l'explosion de coûts de la modernisation de la rue Notre-Dame, la ministre des Transports, Julie Boulet, a demandé à ses fonctionnaires de revoir l'ensemble du projet. Pas question de renoncer à ce chantier, mais la facture devra être plus raisonnable, a-t-elle dit.

«On retourne les gens au travail parce qu'on ne trouve pas justifié que les coûts aient doublé en si peu de temps. On va revoir l'ensemble des estimations qui nous ont été données et on va optimiser le projet», a expliqué la ministre hier matin, quelques minutes avant la réunion du conseil des ministres.

Estimée à 750 millions de dollars en 2007, la facture du projet est maintenant passée à 1,5 milliard, a révélé La Presse hier. L'évaluation initiale datait de 2006 et elle ne prévoyait pas l'indexation des coûts, a expliqué la ministre Boulet. De plus, au cours des deux dernières années, des bonifications ont été apportées au projet et des honoraires professionnels ont vraisemblablement été sous-estimés. Mais les explications fournies par ses fonctionnaires ne satisfont pas la ministre, qui leur a donné six mois pour ajuster le tir et trouver des solutions afin de ramener le projet à des coûts «plus acceptables».

La ministre a appris la montée fulgurante des coûts du projet il y a trois semaines. Quelques jours plus tard, la ministre et le maire Gérald Tremblay ont convenu de garder le cap sur les travaux de réaménagement de la rue Notre-Dame, mais «pas à n'importe quel prix».

La Ville de Montréal se dit disposée à revoir le projet, mais elle n'entend pas renoncer à certains éléments qu'elle juge essentiels comme le concept de boulevard urbain et la desserte pour les transports en commun. Il faudra agir promptement, avertit le responsable des transports au comité exécutif de la Ville, André Lavallée, car il ne saurait être question de reporter le chantier. «Dès la semaine prochaine, la Ville va faire connaître les principales hypothèses à mettre sur la table», a-t-il indiqué.

Les travaux amorcés en décembre dans le secteur de la rue Souligny se poursuivront, et les investissements de 60,1 millions prévus cette année pour l'aménagement d'un réseau cyclable et le déplacement d'infrastructures publiques seront maintenus, a-t-on indiqué au ministère.

Opposé à l'aménagement de huit voies de circulation automobile, le directeur général du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, André Porlier, salue la volonté de la ministre de revoir le projet. Il craint toutefois que, dans cette réflexion, on sacrifie certaines bonifications consenties par Québec, comme les mesures d'apaisement de la circulation dans les quartiers environnants, l'aménagement des parcs, les murs antibruit et la plantation d'arbres.

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Avec la collaboration d'Antoine Robitaille