Bataille des plaines d'Abraham - Les pendules remises à l'heure...un peu plus tard

Québec — Elle aura lieu ou non, la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham, à l'été 2009? Ce n'est pas avant la semaine prochaine qu'on le saura puisque la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) a décidé de reporter la tenue d'une conférence de presse par laquelle elle a promis de «remettre les pendules à l'heure» au sujet de sa programmation.

La semaine dernière, la porte-parole de la CCBN, Joanne Laurin, était formelle: la conférence de presse aurait lieu «lundi ou mardi prochain». Hier, Mme Laurin a invoqué des «problèmes de disponibilités» pour expliquer le report de la rencontre avec les médias. Disponibilité de qui? de quoi? Mme Laurin n'a pas précisé. Elle a soutenu que «jusqu'à maintenant, la programmation est maintenue». Le président de la CCBN, André Juneau, a admis il y a une semaine que «l'angle choisi» pour la commémoration n'était pas le meilleur. Il consulte depuis des historiens pour mieux présenter son projet. Selon nos informations, «des discussions franches» ont aussi eu lieu avec les instances politiques.

Si les commémorations se tiennent, certains qui les dénoncent, tel le cinéaste Pierre Falardeau, promettent d'aller y faire du grabuge. Le Réseau de résistance du Québécois (RRQ) a même ouvert un site Internet (operation1759.org) vendredi. On y trouve une pétition ainsi qu'un tract à imprimer; l'invitation à un groupe Facebook opposé à la reconstitution et l'incitation à écrire des lettres d'opinion dans les journaux. Les responsables du RRQ veulent aussi y échanger sur des manières de perturber les «célébrations».

Le débat sur l'opportunité de tenir une reconstitution des batailles de 1759 et de 1760 a éclaté il y a près d'un mois. Le premier ministre Jean Charest a dit qu'il n'allait pas participer à cette activité. La ministre responsable de la région de Québec, Josée Verner, a déclaré qu'elle y serait si «elle était disponible». Le Bloc québécois a demandé son annulation et a été imité par le Parti québécois la semaine dernière.

Se référant à deux lettres au ministre des Commandites de la fin des années 90, Alfonso Gagliano, le Bloc soutient que M. Juneau est un fervent promoteur de la visibilité du Canada. Vendredi, le Bloc exhumait un document de planification stratégique de 1998-1999 préparé par Gosselin communications (un nom connu à la Commission Gomery) et dans lequel on proposait de promouvoir le gouvernement du Canada sur les plaines d'Abraham grâce à des rappels de l'histoire.
5 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 10 février 2009 09 h 00

    L'intention maintenue

    Les commandites visant la promotion du fédéralisme au Qyébec ont fait scandale. Mais il avère que l'intention des fédérastes n'a pas été abandonnée. N'importe quoi pour réécrire l'histoire, pour rentrer dans la tête des Québécois à quel point ils ont été chanceux d'être passés sous le joug britannique en 1763. Que le nouveau pouvoir ait écrasé les descendants des colons français et anglais qui voulaient se gouverner selon les règles du parlementarisme britannique n'a pas à être considéré. Un accident de parcours quoi ! Comme la révolte des Métis sous Louis Riel. Un fait divers !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Dany Pelchat - Inscrit 10 février 2009 09 h 04

    Reconstituer et célébrer la bataille des plaines d'Abraham ! Pourquoi ?

    En lisant tout ce qui a été rapporté récemment dans les médias concernant la reconstitution et la célébration, l'été prochain, par la Commission des champs de bataille, de la bataille des plaines d'Abraham du 13 septembre 1759, je me suis demandé si nos amis Français du futur (disons dans 250 ans d'ici) apprécieraient qu'un de leurs organismes publics, comme notre gouvernement fédéral, ose reconstituer et surtout CÉLÉBRER la victoire de l'Allemagne sur la France au début des années quarante !

    J'ai laissé travailler mon imagination et j'essayais de voir comment ils réagiraient et s'ils apprécieraient de voir Adolphe Hitler et la plupart de ses bourreaux parader fièrement sur l'avenue des Champs-Élysées dans sa luxueuse Mercedes décapotable, entouré d'une foule de véhicules militaires fortement armés, suite à la capitulation temporaire de la France.

    Je me demande aussi si les Acadiens apprécieraient que leur déportation soit reconstituée et célébrée !

    J'ai même essayé de m'imaginer comment les Juifs du futur réagiraient si on reconstituait et célébrait, dans 50 ans d'ici, les massacres et horreurs commis dans les camps d'extermination dans ces mêmes années.

    Pourtant, lorsqu'il s'agit de reconstituer et célébrer ce triste chapitre de notre histoire nationale (bataille des plaines d'Abraham), certaines personnes ayant une piètre fierté nationale ne semblent pas s'en soucier (la Ministre fédérale Josée Verner, le représentant de l'ADQ, Éric Caire, le maire de Québec, Régis Labeaume et plusieurs autres) car pour ces personnes, seuls l'argent et les touristes comptent au détriment de notre fierté nationale. La plupart de ces gens se félicitent déjà de leur future participation à cet événement et la plupart d'entre eux se pourlèchent déjà les babines en comptabilisant les retombées économiques ! Quelle honte et quelle hypocrisie !

    Où avons-nous enterré notre conscience et notre fierté nationale ?

    Se rappeler la bataille des plaines d'Abraham, via nos livres d'histoire, est tout-à-fait légitime et obligatoire pour nous aider à comprendre d'où nous venons et ce que nous sommes devenus. Par contre, reconstituer et célébrer cet événement ne l'est pas !

    Quelles sont les raisons profondes, pour le gouvernement fédéral, de vouloir à tous prix célébrer un événement aussi triste dans l'histoire de notre nation ? Avoir une fête de plus à célébrer en été pour que les gens se sentent bien dans leur peau ? Nous présenter les beaux costumes, chapeaux, fusils et canons de l'époque, l'odeur de la poudre ? NON !

    Une des explications que j'ai trouvée, c'est que notre gouvernement fédéral, appuyé sans réserves par nos députés fédéralistes d'occasion, cherche tous les moyens possibles pour nous rappeler que, dans le Canada, le Québec est une province comme les autres et qu'il peut nous imposer n'importe quoi, n'importe quand, n'importe comment, sans qu'on ne puisse rien y faire, comme le rapatriement de la Constitution en 1982, le changement unilatéral de la formule de péréquation, la création d'une Autorité canadienne des marchés financiers dans laquelle le Québec n'aurait rien à dire et où tout se passerait exclusivement en anglais, et j'en passe.

    Cependant, je soupçonne le gouvernement fédéral d'un crime beaucoup plus grave, c'est de vouloir provoquer et exacerber la colère et la violence des Québécois, laquelle, bien entendu, sera réprimée dans le sang, à grands coups de matraques et de gaz lacrymogènes par la SQ, la GRC et l'Armée, comme ça s'est passé le soir du 24 juin 1968 lorsqu'un certain Pierre-Elliot Trudeau s'est présenté, rempli de mépris envers le peuple québécois, son propre peuple, à l'estrade d'honneur de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal, ou lors de la visite non désirée au Québec de sa Majesté Élisabeth II dans les années soixante. Cette provocation et cette répression permettra au gouvernement fédéral de passer un message dans le ROC: Voyez comment nous sommes capables de passer n'importe quel sapin aux québécois et voyez comment nous sommes capables de les mâter facilement, au besoin, s'ils tentent de se rebiffer !

    Bêêêê !

    N'oubliez pas qu'un tel comportement provocateur et dominateur est typique des Anglais et leurs descendants, sans compter qu'ici, au Québec, ils ont l'appui de nos députés fédéralistes de seconde main. Chez-eux, l'esprit de supériorité et de domination est génétique alors ils tentent de l'exprimer le plus souvent et le plus sournoisement possible (Rappelez-vous du grand « Love In » à Montréal lors du référendum de 1995). Souvenez-vous des parades provocatrices des Orangistes en Irlande du Nord qui ont dégénéré en violence !

    Par conséquent, l'été prochain, il nous faudra réagir collectivement avec vigueur pour contrer ces tristes individus qui veulent nous imposer un spectacle que nous ne voulons pas. Si ces célébrations ne sont pas annulées, j'espère de tout coeur que les gens de tout le Québec boycotteront et surtout chahuteront et perturberont, sans violence, ces reconstitutions et ces cérémonies qui n'ont pas leur place dans notre histoire nationale. D'ici là, je souhaite que nos dirigeants fédéraux se réveillent (surtout celles et ceux du Québec) et qu'ils auront un éclair de lucidité et mettront un terme définitif à ces cérémonies. S'ils persistent à vouloir les présenter, ils devront être tenus responsables des possibles violences et dégâts qui seront causés. J'espère qu'ils y réfléchiront avant de s'entêter.

    Si la Ministre Josée Verner et le gouvernement fédéral tiennent absolument à célébrer ces tristes événements de l'Histoire du Québec, je leur suggère de TOUT transférer à Ottawa (reconstitution, cérémonies, bals, etc.), le seul endroit au Canada ou la célébration de la Conquête de 1759 a vraiment un sens important car celle-ci représente pour le ROC la fin de l'égalité entre les deux peuples fondateurs et le commencement de la domination anglaise dans le Canada.

    Dany Pelchat
    Lévis

  • - Abonnée 10 février 2009 10 h 20

    Chronique d'émeutes annoncées

    Quels historiens québécois seraient assez sots pour appuyer un tel projet? Monsieur Juneau doit actuellement faire des pieds et des mains pour trouver la perle rare pour le soutenir dans ce qu'il considère sûrement comme sa «Grande OEuvre», puisqu'il y travaille depuis près de dix ans.

    Des pétitions circulent contre cette idée insensée, des sites internet s'ouvrent, des manifestations sont prévues, des professionnels se prononcent, l'égo de Monsieur Juneau devra reculer.

    Si celui-ci décide malgré tout de cette reconstitution, du bal masqué, des croisières en bateaux et tout le décorum y attenant, monsieur Juneau et à travers lui le gouvernement fédéral devra assumer les conséquences de ce qui sera juger à juste titre comme une provocation envers une autre nation.

  • Claude L'Heureux - Abonné 10 février 2009 15 h 19

    L'inspiration revenue !

    Alors que le 400e n'a pas inspiré ou très peu inspiré d'oeuvres historiques, voilà que notre défaite de 1759 inspire notre fédéraste Juneau sur le plus beau site, fédéral, de notre capitale, histoire de nous rappeler notre soumission Canadienne. D'autant que nous nous sommes fait réimposer une autre constitution, celle de 1982. J'espère que cette autre gifle sera la bonne qui fera comprendre à une forte majorité de Québécois que c'est le temps de quitter cette façade de fédération de perpétuelles humiliations.

    Claude L'Heureux, Québec

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 10 février 2009 21 h 04

    Qui veut nous endormir?

    Il y en a qui veulent célébrer notre défaite, quelle aberration!

    Après que 60% de la majorité française historique du Québec ait voté oui à la souveraineté, une agence fédérale veut nous endormir en montrant Wolfe et Montcalm se serrer la main sur les Plaines après que les Goddam en rouge auront mis en en déroute des canayens en bleu. Voilà une autre preuve que le gouvernement d'Ottawa est étranger à notre vie nationale, impérialiste et colonisateur. Une autre preuve qu'il est grand temps de contrecarrer l'intrusion d'Ottawa dans notre vie nationale.

    La bataille des Plaines n'est pas terminée. Elle le sera quand les Québécois sortiront le Canada du Québec et reprendront possession de leurs Plaines dont le fédéral s'est emparé. En tant que Québécois, assumons cette défaite de 1760, mais luttons tous unis ensemble pour reconquérir notre pays.

    Vivement sortir le Canada du Québec! Et reprendre les Plaines qui nous appartiennent.

    Il faut exiger dès maintenant l'annulation de cet évènement aberrant.