Conseil général du PLQ - Charest se pose en grand défenseur du Québec

Laval — Le chef libéral Jean Charest s’est posé, hier, en grand défenseur des intérêts du Québec, fustigeant Ottawa pour sa nouvelle offensive dans le financement des municipalités et fermant la porte à tout compromis sur le partage des compétences en matière de santé.

«Je dis au gouvernement fédéral que ça va faire», a martelé Jean Charest à l’ouverture du Conseil général du Parti libéral du Québec qui se déroule jusqu’à dimanche. Le chef libéral s’en pris à la «nouvelle ingérence» proposée, hier, à Hamilton par le ministre des Finances Paul Martin au congrès de la Fédération canadienne des municipalités. «Je dis au gouvernement fédéral que c’est odieux de refuser de reconnaître le déséquilibre fiscal avec les provinces et en même temps d’envisager de proposer un pacte fiscal avec les municipalités, comme ça s’est fait aujourd’hui [hier]», a lancé M. Charest.

Soutenant qu’il avait toujours défendu «avec vigueur les intérêts du Québec, peu importe le jour ou j’étais en politique», M. Charest a promis «un gouvernement qui se tient debout pour réaffirmer que la santé relève des compétences du Québec, comme il l’avait fait devant la Commission Romanow. «Là-dessus, il faut être très clair, très ferme : il n’y a pas de compromis», a-t-il dit.

Sans nommer l’Action démocratique du Québec et Mario Dumont, M. Charest s’en pris aux propositions de ce parti visant l’introduction d’un système de santé à deux vitesses. «Ce n’est pas vrai qu’on va retourner 40 ans, 50 ans en arrière», a-t-il dit. «Ce n’est pas vrai qu’on va permettre à quiconque de retourner à un système de santé pour les riches et pour les pauvres.»
Par la force des choses et surtout des sondages, l’ADQ est devenu une préoccupation pour les libéraux. Hier, le PLQ avait en main un sondage CROP qu’il avait commandé, même si son chef suggère aux médias de ne pas dépenser d’argent pour des sondages. Ce sondage CROP place les libéraux et les adéquistes à égalité avant la répartition des indécis, avec 33% et 31 % des intentions de vote respectivement. Le Parti québécois est loin derrière avec 22 %. Mais après une répartition des indécis, en accordant 60 % des indécis au PLQ, 30 % au PQ et de 10 % à l’ADQ, les libéraux, à 41 %, devancent les adéquistes de 9 points. On se rassure comme on peut.

En matinée hier, à Québec, Jean Charest a répété qu’il fallait être très prudent avec les résultats des sondages, rappelant que quatre jours avant les élections de 1998, un sondage SOM avait sous-estimé le vote libéral de 11 points. «C’est sur le terrain» que se gagnent les élections, a-t-il réitéré, tout en réclamant le déclenchement le plus rapidement possible des élections générales. «De quoi M. Landry a peur au juste ? Il s’accroche au pouvoir.»

Devant ses partisans réunis pour ce Conseil général dont le thème porte sur l’économie, M. Charest s’est fixé comme objectif, s’il prend le pouvoir, de faire passer, en dix ans, le niveau de vie des Québécois du 52e au 30e rang sur 60 États ou provinces en Amérique du Nord. Ce retard sur le plan du niveau de vie est de 11 % par rapport à la moyenne canadienne, selon les données émanant du PLQ, et de 22 % sur l’Ontario.

M. Charest a également ressorti une promesse qu’il avait faite une première fois lors de la campagne électorale de 1998. Le PLQ s’engage à réduire les impôts et les taxes que paient les Québécois au niveau de la moyenne canadienne. Mais le chef libéral n’a toutefois pris aucun engagement sur un quelconque échéancier pour remplir cette promesse dont le coût pour l’État québécois représente plusieurs milliards par année.