Budget: Charest dit préparer des mesures de soutien à l'emploi

Davos, Suisse — Le premier ministre Jean Charest a promis hier de «faire ce qui doit être fait» dans le budget attendu en mars pour soutenir l'économie et l'emploi au Québec, même s'il faut pour cela replonger dans l'ère des déficits.

«On est prêts à mettre de l'avant d'autres mesures pour faire face à la dégradation accélérée de l'économie mondiale», a déclaré M. Charest lors d'une rencontre avec les journalistes à Davos, en Suisse, où il assiste au Forum économique mondial.

Vu la déroute économique, «on ne peut pas fermer la porte à un déficit», a soutenu le premier ministre, qui s'était pourtant engagé, au cours de la toute récente campagne électorale, à dégager des excédents budgétaires jusqu'à la fin de son mandat. Il faut dire que depuis les élections du 8 décembre, les prévisions économiques se sont considérablement assombries.

«Si on doit aller en déficit, on le fera parce qu'on veut maintenir l'emploi et s'assurer que les gens sont soutenus dans une période de ralentissement économique», a dit M. Charest.

Selon lui, le gouvernement a déjà mis en place l'«essentiel de ce qu'on avait à faire» pour contrer le ralentissement. Le premier ministre a notamment rappelé les projets d'investissement dans les secteurs de l'infrastructure et de l'énergie, qui totalisent 72 milliards de dollars sur dix ans.

En matière de relance économique, le Québec a un «pas d'avance» sur les autres gouvernements du monde, a prétendu M. Charest.

Il reste que même après le budget, «il faudra, comme les autres gouvernements, s'ajuster au fur et à mesure des événements», puisque la situation actuelle commande de «répondre comme on ne l'a jamais fait auparavant».

Investissement

À Davos, le gouvernement fonde beaucoup d'espoir sur un projet d'investissement de «plusieurs centaines de millions» de dollars dans le domaine des «technologies vertes».

M. Charest a rencontré hier un haut dirigeant de l'entreprise concernée, qu'il a refusé de nommer. Deux régions du monde sont en concurrence avec le Québec pour ce projet, mais les discussions avec le gouvernement seraient dans le «dernier droit», a tenu à préciser le premier ministre. «On pense que ça penche vers le Québec», s'est-il réjoui.

Le gouvernement a tenu à vérifier que l'investisseur ait bel et bien accès à l'important capital nécessaire au projet, compte tenu de la crise mondiale du crédit qui se poursuit.

En dépit des énormes difficultés auxquelles font face les emprunteurs, Québec n'a pas à proposer plus d'aide financière qu'à l'habitude pour attirer des investissements, a indiqué Jean Charest, précisant toutefois que la Société générale de financement et Investissement Québec disposaient, depuis peu, de davantage de capital. «C'est un outil supplémentaire pour attirer les entreprises, développer ou appuyer un projet», a-t-il souligné.

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