Reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham - Marois invite les gouvernements à se dissocier de l'événement

La Malbaie — Aucun gouvernement ne devrait s'associer à la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham qui doit avoir lieu cet été à l'occasion du 250e anniversaire de l'événement. Mais cela ne s'applique pas à la ville de Québec, dont le maire, Régis Labeaume, a dit qu'il serait de la fête.

C'est la position qu'ont adoptée, hier, les députés du Parti québécois réunis en caucus alors que cette question épineuse embarrassait les troupes péquistes depuis maintenant trois semaines.

«On présente les faits comme une espèce de fête», a déploré Pauline Marois au cours d'un point de presse. «Ce n'est pas une fête, c'est une conquête. Et c'est triste et profondément tragique, ce qui s'est passé.» Donner un «éclairage festif» à cette défaite «va à l'encontre de l'Histoire», juge-t-elle.

«Nous croyons que s'il y a une chose qui doit être rappelée lors de la reconstitution des événements de 1759, c'est d'abord le début de la fin de la Nouvelle-France, la survivance, la résilience et le courage du peuple français d'Amérique, qui a pu survivre malgré la conquête, malgré le fait que le Québec ait été assiégé, que nos ancêtres aient souffert, que nos fermes aient été brûlées, que des femmes aient été violées», estime la chef péquiste.

La Commission des champs de bataille nationaux, un organisme du gouvernement fédéral, ne devrait pas organiser l'événement ni en faire la publicité, juge Mme Marois. Le premier ministre Jean Charest, qui a déjà indiqué qu'il ne participerait pas à cette commémoration, doit demander au gouvernement fédéral de cesser de participer à

cet événement, a réclamé la chef péquiste. Évidemment, aucun député péquiste ne s'y pointera.

L'événement est l'initiative d'amateurs de reconstitution de batailles historiques, dont certains proviennent des États-Unis. De 2000 à 3000 figurants se sont donné rendez-vous pour incarner les troupes de Louis-Joseph de Montcalm et de James Wolfe sur les lieux même de la défaite française.

La Ville de Québec pourra participer à cette reconstitution sans s'attirer les foudres de la chef péquiste. «Je ne veux pas faire d'impair, mais à ce que je sache, une municipalité, ce n'est pas un gouvernement», a-t-elle proposé comme distinguo. Ne dit-on pas qu'une municipalité, c'est une «créature» du gouvernement du Québec?

Pas question non plus pour le PQ de demander à la Commission des champs de bataille, qui assume la gestion des plaines d'Abraham, de ne pas accorder un permis aux promoteurs. «Nous n'allons pas jusque-là»,

a-t-elle dit.

À ceux qui, à l'instar du maire Labeaume, voient dans cette reconstitution spectaculaire un «bon show» pour les touristes, le PQ entend présenter «l'autre côté de la médaille», a indiqué Mme Marois. «Nous avons un devoir de mémoire envers nos ancêtres.» Le PQ pourrait produire un texte sur cette bataille, ou encore présenter une motion à l'Assemblée nationale. La chef péquiste a aussi évoqué la possibilité de tenir un colloque.

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