Québec dépensera 25 millions pour protéger des milieux naturels en terrain privé

Québec investira d'ici cinq ans 25 millions pour aider des sociétés ou des personnes à protéger des milieux écologiques de haute valeur, dans le cadre du programme Partenaires pour la nature, qui vise la sauvegarde du patrimoine naturel en milieu privé.

Ce programme, qui a été immédiatement accueilli chaleureusement par la Société pour la nature et les parcs ainsi que par Canards Illimités, permettra à Québec «d'appuyer de façon plus spécifique les particuliers et les petites entreprises qui possèdent des milieux naturels d'une grande valeur écologique, dont des milieux humides, et qui désirent les protéger. Il innove également en soutenant la gestion des milieux naturels» que des personnes voudraient protéger en les aidant financièrement à préserver ces milieux sensibles pour lesquels elles doivent continuer à payer des taxes, des assurances, etc.

Le principal volet de ce programme consiste à financer jusqu'à 50 % l'acquisition de milieux de haute valeur écologique. Un autre volet permettra d'aider financièrement les personnes ou sociétés qui voudront soustraire des milieux naturels au développement pour mieux les préserver en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel, qu'avait fait adopter l'ancien ministre québécois de l'Environnement André Boisclair.

400 kilomètres carrés

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) estime pouvoir ainsi soutenir environ 80 organismes, entreprises et particuliers pour protéger grâce aux fonds publics quelque 400 km2 de territoire, «surtout dans les zones habitées du Québec», là où les développeurs profitent de l'absence de normes de protection pour détruire un nombre croissant de milieux naturels importants.

Ce programme gouvernemental, qui remplace une politique musclée de protection légale, a jusqu'à présent appuyé 69 personnes et organismes dans leurs projets d'acquisition de terres privées à des fins de conservation, selon le bilan du ministère qui ne précise pas, en contre-partie, l'ampleur de ce qui a été détruit en parallèle. En tout, le programme a servi à financer 166 projets qui couvrent 141 km2, lesquels abritaient quelque 200 habitats d'espèces menacées ou vulnérables et une douzaine d'écosystèmes forestiers exceptionnels.

Parmi les projets en question, on trouve 4000 ha de la région des monts Sutton, en Estrie, des milieux humides en bordure de la rivière du Sud, un affluent du Richelieu d'une exceptionnelle richesse écologique, des lots sur les battures de la baie de Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, et des sites de la rivière des Mille-Îles.

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