Commémoration de la bataille des plaines d'Abraham - Ceux qui refusent de célébrer la défaite sont des colonisés, dit Éric Caire

Québec — Le député adéquiste Éric Caire ne se formalise pas de la commémoration du 250e anniversaire de la défaite française sur les plaines d'Abraham.

M. Caire a affirmé jeudi que la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques est un fait historique incontournable, avec lequel il faut composer.

«Les gens qui sont fiers et conscients de leur identité ne se sentent pas attaqués par ça, a-t-il dit lors d'un point de presse. Il faut vraiment avoir une mentalité de colonisé pour se sentir attaqué.»

Contrairement au premier ministre Jean Charest, M. Caire a indiqué qu'il n'avait pas d'objection à assister à la reconstitution de l'affrontement, prévue l'été prochain.

Le député adéquiste, qui aurait préféré une victoire française, croit néanmoins qu'il ne faut pas occulter un pan de l'histoire sous prétexte qu'il n'est pas favorable.

«L'histoire, on l'apprend, et on apprend de l'histoire, a-t-il dit. Mais on n'essaie pas de la changer parce que telle ou telle partie ne fait pas notre affaire.»

La semaine dernière, M. Charest a pris ses distances de l'organisation de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham, qui a eu lieu en 1759, affirmant qu'une agence fédérale était la seule responsable de l'événement.

Plus tôt cette semaine, la députée péquiste Agnès Maltais a accusé la ministre fédérale des Affaires intergouvernementales, Josée Verner, de faire de la provocation en annonçant qu'elle assisterait à la reconstitution, à laquelle 2000 figurants devraient participer.

Hier, le député péquiste Bernard Drainville s'est dit mal à l'aise avec cette commémoration, organisée par la Commission des champs de bataille nationaux.

«C'est la défaite de la Nouvelle-France face aux armées britanniques, et je ne vois pas en quoi on devrait célébrer la défaite des forces françaises face aux armées britanniques», a-t-il dit.

M. Caire a fait un parallèle entre les personnes opposées à la commémoration et des personnages de la bande dessinée Astérix, qui souhaitent passer sous silence la bataille d'Alésia, où les Gaulois ont été défaits par les Romains, vers 52 de notre ère.

«Je lisais des Astérix, puis, en "joke", il y a le Gaulois qui dit: "Alésia, c'est quoi, ça, Alésia?" Bien, on a l'air de ça, a-t-il dit. Je m'excuse, mais ça a existé, la bataille des plaines d'Abraham.»

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