ADQ-Mario Dumont - Des élus péquistes forcés de s'excuser

Deux élus du Parti québécois ont dû s'expliquer auprès de l'ADQ et de son chef Mario Dumont pour avoir tenu des propos malhabiles, voire ambigus, à propos de la formation adéquiste au cours des derniers jours.

Questionnée par le chef adéquiste à l'Assemblée nationale, la ministre déléguée à l'Énergie, Rita Dionne-Marsolais, a reconnu avoir tenu des propos «malhabiles». Elle s'est expliquée longuement sur la nature d'une entrevue qu'elle a accordée à une radio de Trois-Rivières et sur son opinion à propos de la génération de Mario Dumont. «Il est le reflet d'une génération qui est très individualiste, a-t-elle déclaré, qui pense seulement à elle. Et ma génération à moi, elle était un peu différente.»


Le chef de l'ADQ est allé jusqu'à demander sa démission, mais le premier ministre Landry est intervenu pour relancer M. Dumont et ce qu'il a appelé son culte de la personnalité.


«Il doit dire [...] pourquoi il est le premier dans l'histoire politique de notre pays à mettre son nom sur le bulletin de vote [...] Si ce n'est pas du culte de la personnalité et de l'individualisme effréné, qu'il nous explique ce que c'est.»


Quant à elle, la ministre Dionne-Marsolais a tenu à préciser ses propos sur la jeunesse lors d'un point de presse en affirmant qu'ils étaient le reflet d'études sociologiques.


«Loin de moi la pensée que les jeunes aujourd'hui sont différents des jeunes de ma génération, a-t-elle soutenu. Je n'ai aucune mauvaise vision de la jeunesse.»


Mario Dumont a indiqué pour sa part que les attaques contre sa personne et son programme ne le dérangeaient guère mais que de s'en prendre à une génération dépassait les bornes.


Et, insiste-t-il, si la présentation de l'ADQ sur les bulletins de vote dérange, il invite ses adversaires Bernard Landry et Jean Charest à faire de même.


«C'est inquiétant que le premier ministre soit redevenu d'une telle partisanerie que toutes les formes d'attaque sont devenues acceptables.»


Le député péquiste de Vachon, David Payne, s'est également excusé auprès du chef adéquiste pour avoir comparé des éléments de son programme à ceux du leader d'extrême droite français Jean-Marie Le Pen plus tôt cette semaine.


M. Dumont dit avoir accepté ses excuses lors d'un entretien téléphonique mercredi. Tout cela démontre que son parti dérange beaucoup de gens, conclut-il.


«Il n'y a pas de doute que l'ADQ fait peur. Qu'on attaque notre programme, tant mieux, on veut qu'on en parle. C'est sûr qu'ils disent des faussetés pour l'attaquer, mais c'est pas grave. Les gens feront la part des choses.»